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Dissolution de l'ordre des médecins : "une nouvelle génération aura une autre façon de voir le rôle"

Par Elliott Léonard

ENTRETIEN SUD RADIO - le Conseil départemental de l'Ordre des médecins de Paris a été dissous lundi 13 avril. Une mesure exceptionnelle votée par le conseil national de l'ordre des médecins suite à la parution d'un rapport accablant de l'inspection générale des finances.

le Conseil départemental de l'Ordre des médecins de Paris a été dissous lundi 13 avril. Une mesure exceptionnelle votée par le conseil national de l'ordre des médecins suite à la parution d'un rapport accablant de l'inspection générale des finances.
le Conseil départemental de l'Ordre des médecins de Paris a été dissous lundi 13 avril. Une mesure exceptionnelle votée par le conseil national de l'ordre des médecins suite à la parution d'un rapport accablant de l'inspection générale des finances.

La dissolution du Conseil départemental de l’Ordre des médecins de Paris a été votée lundi dernier. Le docteur Martin Blachier est venu s’exprimer au micro de Sud Radio pour décrypter cette clôture.

"Cette logique d'ordre, c'est un peu de logique de clan finalement"

Périco Légasse : Pourquoi il y a-t-il un ordre des médecins départemental à Paris ?

Martin Blachier : La fonction de l'ordre des médecins, c'est le fait que les médecins s'autorégulent les uns les autres. C'est-à-dire que chaque médecin va surveiller si son confrère agit de façon déontologique. Et donc, si jamais il y a un médecin qui n'agit plus de façon déontologique, les médecins, quelque part, vont faire leur justice eux-mêmes.

C'est une justice parallèle, qui est dite une justice ordinale, qui est parallèle au pénal, au civil. Et là, ce qui est reproché à l'ordre des médecins parisiens, c'est justement de ne pas avoir rempli ce rôle de justice déontologique, en plus de quelques dérives financières qui sont sorties dans les journaux un peu partout la semaine dernière.

Périco Légasse : Est-ce que vous pensez qu'il va falloir passer les 95 ordres départementaux des médecins au crible ?

Martin Blachier : Non, mais je pense qu'effectivement, on peut questionner à quoi sert cet ordre des médecins. (…) Moi, je pense que quand un médecin fait quelque chose de répréhensible, il faut que ce soit la même justice pour tout le monde. Donc, il y a une justice civile, il y a une justice pénale. (…) Et si vous voulez, cette logique d'ordre, c'est un peu de logique de clan finalement.

"lls vont devoir réélire un nouvel ordre"

Périco Légasse : Ça veut dire quoi cette dissolution ? Va-t-il y avoir un nouvel ordre qui va être reconvoqué ?

Martin Blachier : Ils vont devoir réélire un nouvel ordre, mais ça va sans doute être un changement de génération. Parce que vous savez, c'est quand même des liens, un peu de l’entre-soi l'ordre des médecins. Donc il y avait un ordre des médecins qui était à présent à Paris depuis un certain nombre d’années. C'est probablement une génération qui va s'en aller, qui va être remplacée par une nouvelle génération qui aura une autre façon de voir le rôle.

"L'ordre des médecins, appartenait un peu à l'ancien monde"

Périco Légasse : Est-ce que l'organisation professionnelle de la médecine en France est malgré tout bien faite par rapport à d'autres pays, ou est-ce qu'elle pourrait soit s'améliorer, soit s'adapter plus aux réalités de ce qu'aujourd'hui la médecine exige ?

Martin Blachier : Les médecins vont connaître des changements qui sont considérables, déjà il y avait un exercice qui était relativement individuel, quasi artisanal, ça va complètement changer. Donc je pense que l'ordre des médecins, à mon avis, appartenait un peu à l'ancien monde, et le nouveau monde, c'est des choses qui vont être un petit peu plus professionnelles. Je pense que les syndicats, quelque part, sont beaucoup plus adaptés aux problématiques de demain que ce qu'est l'ordre des médecins aujourd'hui.

Périco Légasse : Il va falloir un nouvel ordre déontologique, qu'est-ce que ça pourrait être ?

Martin Blachier : En fait, ce qui va se passer, c'est que vous allez avoir des entreprises qui vont être spécialisées dans la santé, qui emploieront des médecins, les médecins auront un rôle dans ces entreprises, et ces entreprises-là devront répondre à un certain nombre de règles.

Mais ça va se faire de façon plus professionnelle, c'est pas chaque petit médecin qui va finalement devoir rendre des comptes à ses autres confrères. (…) Donc en fait, c'est juste un changement de monde.

Retrouvez le replay de l'interview en vidéo juste ici

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