Des musulmans en colère: "L'islamisme, c'est le poison de l'Islam"

Quatre jours après l’attentat contre Samuel Paty, les hommages se multiplient. Ce lundi, des représentants de la communauté musulmane se sont rendus devant le collège du professeur d’histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine pour demander pardon à la famille de Samuel Paty. À l’appel de ce rassemblement: l’imam de Drancy, Hassen Chalghoumi accompagné d’une dizaine d’autres imams. Ils se sont rendus sur place pour faire une prière en hommage au professeur assassiné.

L'imam de Drancy, Hassen Chalghoumi. (Anne-Christine POUJOULAT / AFP)
La colère des fidèles contre ce crime - Reportage Sud Radio de Clément Bargain

 

Pour Bouna Diakhaby, l’imam d’Epinay, il était important de venir rendre hommage à Samuel Paty devant sont collège de Conflans-Sainte-Honrine:

"On est là aujourd'hui à cause du chagrin qui nous touche, nous les Musulmans. On ne doit pas ôter la vie d'un homme qui donne l'enseignement... Ça, si vous dites que c'est l'Islam, alors moi aujourd'hui je ne suis pas Musulman !" - Bouna Diakhaby, imam d'Epinay

 

Tous sont venus dénoncer un acte barbare, à l'image de Gassama Kemadou, imam dans le 20e arrondissement de Paris…"Celui qui tue un être humain, c'est comme tuer l'humanité entière. Ces abrutis (excusez moi du terme) nous font très très mal". Un bouquet de rose à la main, Fatima, de confession musulmane, est encore sous le choc: "La France est un pays qui critique les religions, par définition. Alors, à ce moment là, il faut partir en Algérie ou je ne sais où... Il n'y a pas matière à devenir fou juste pour avoir montré des caricatures!" Dénoncer l’islamisme radical, le séparatisme: c’est le combat d’Hassen Chalgoumi, le président de la Conférence des imams de France:

 

"Nommez les choses comme elles sont: l'islamisme, il existe ! C'est le poison de l'Islam, c'est une maladie de l'Islam. Il faut une réforme à l'intérieur de la communauté. Il faut dialoguer, il faut parler. Je dis aux imams: bougez-vous, réveillez-vous !" - Hassen Chalgoumi, président de la Conférence des imams de France

 

(Bertrand GUAY / AFP)

 

Une marche blanche. "Et après? Faudra continuer d'en parler"

 

Une marche blanche en hommage à la mémoire de Samuel Paty est organisée ce mardi soir à 18h30 devant le collège Le Bois d'Aulne. C’est le maire de la ville qui est à l’origine de ce rassemblement. Un rassemblement important pour les collégiens, les professeurs, les parents d’élèves et les habitants de Conflans-Sainte-Honorine.

 

Des habitants choqués à Conflans-Sainte-Honorine - Reportage de Clément Bargain

 

Quatre jours après le drame, l’émotion est toujours aussi forte pour ces collégiennes.

"Je trouve ça tellement horrible. C'est dur à réaliser. C'était mon prof. Je le trouvais gentil, joyeux, il avait toujours le sourire. Il voulait juste enseigner la liberté d'expression, c'était pas censé être mal vu comme ça, et ça a pris des proportions qu'il n'y aurait pas dû avoir."

 

Décapité pour avoir montré des caricatures du prophète: un acte barbare qui bouleverse Evelyne: "Un professeur se fait décapiter parce qu'il a enseigné des valeurs, des principes, qui font partie du programme. Et on remet tout en cause !", se désole -telle. Face à la barbarie, il faut faire bloc, estiment Soraya et Samia, qui habitent toutes les deux à Conflans. Elles participeront à la marche blanche: "C'est hyper important de rester unis, forts, solidaires entre nous", expliquent-elles. Honorer la mémoire de Samuel Paty, c’est indispensable pour Jean-Claude qui espère que l’on n’oubliera jamais ce professeur d’histoire-géographie:

"Beaucoup de monde, on en parle, les gens se rassemblent, on amène des fleurs... Mais dans huit, 15 jours, trois semaines, qu'est-ce qui va se passer? Faut continuer d'en parler !"

 

Cette marche blanche à Conflans-Sainte-Honorine commencera à 18h30 avant l’hommage national demain soir à la Sorbonne.

 

(Bertrand GUAY / AFP)