Des livreurs appellent au boycott de Deliveroo pour la Saint-Valentin

Jérémy Wick, représentant des livreurs à vélo de Bordeaux, était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 14 février. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Le Clap (collectif de livreurs autonomes parisiens) appelle au boycott de la plateforme de livraison de repas Deliveroo pour la Saint-Valentin. AFP/Archives

Et si, en ce jour de Saint-Valentin, vous ne faisiez pas appel à Deliveroo afin de soutenir les livreurs à vélo, qui ne cessent de devoir pédaler plus pour gagner moins ?

 

Plus de risques pour gagner moins

Ils livrent avant tout des repas dans les grandes villes de France. Une opération de boycott est menée. "C’est un appel lancé par la CLAP, collectif des livreurs autonomes parisiens, explique Jérémy Wick, représentant des livreurs à vélo de Bordeaux. Ils vont bloquer les cuisines Deliveroo, spécialement mises en place à St Ouen. Nous allons suivre en coordination dans plusieurs villes : Nantes, Marseille, Bordeaux…"

Pourquoi cette action ? "Parce que nos conditions de travail se détériorent d’année en année. À Bordeaux, nous avions fait 1.000 km à vélo pour aller voir la direction, cela n’a rien donné. Il faut respecter les indépendants. Déjà, la tarification pose un gros souci ; elle baisse d’année en année. Nous sommes amenés à aller plus vite, à prendre plus de risques pour gagner moins. Le temps d’attente au restaurant n’est pas rémunéré. Enfin, on ne sait même pas comment est calculée la tarification".

Une précarité qui grandit de jour en jour

Jérémy Wick fait une centaine de kilomètres par jour. "Je fais en moyenne 30 km de plus par jour pour gagner la même somme". Une journée correcte permet de gagner combien ? "En gros, on nous avait promis de base 15 euros bruts de l’heure ; là c’est devenu vraiment variable, entre 30, 50 et 90 euros par jour". Comme en restauration, les pics se concentrent sur les heures de repas. "Ce sont les pics où l’on est obligé de bosser si l’on veut être bien placé dans l’agenda".

Ce jeune trentenaire regrette-il d’avoir quitté la restauration pour se lancer en tant que livreur ? "Je regrette surtout d’avoir cru à la belle promesse d’être son propre patron. Il y a un turnover énorme : chaque début septembre, ils baissent les tarifs et recrutent des nouveaux pour mettre la pression sur les anciens. La précarité grandit de jour en jour".

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Retrouvez "le coup de fil du matin" du lundi au vendredi à 7h12 sur Sud Radio, dans la matinale de Cécile de Ménibus et Patrick Roger.
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