Des chasseurs pouvaient verbaliser dans les forêts de Seine-et-Marne

En Seine-et-Marne, un arrêté préfectoral réquisitionnait les chasseurs et garde-chasse pour aider les forces de l'ordre dans le contrôle du respect des règles du confinement. L'objectif était notamment d'aider à surveiller les nombreux espaces verts que compte le département. Si aucun droit de verbalisation pour non-respect du confinement ne leur était octroyé, ils pouvaient cependant effectuer des signalements ou verbaliser si les règles de chasse étaient enfreintes.

Les chasseurs n'avaient pas seulement des chevreuils dans le viseur. Il était aussi question de veiller à ce qu'aucune infraction au code de la chasse ne soit commise.(Photo de @morten / Pixabay)

Un reportage de Clément Bargain pour Sud Radio.

 

La nouvelle en a surpris plus d'un. Nul besoin désormais de passer les concours de police ou d'être formé à la verbalisation, il suffisait d'un seul permis de chasse pour appréhender ceux qui avaient le malheur de rôder autour de la forêt de Fontainebleau. Il faut dire qu'un cinquième du territoire de la Seine-et-Marne est recouvert de bois, des lieux propices aux balades et aux activités sportives, parfois sans attestation. Le préfet de Seine-et-Marne, Thierry Coudert, justifie le recours à ce dispositif rendu caduque suite aux polémiques.

« Ils pouvaient verbaliser en matière de chasse, d’infraction à la chasse, mais pas au titre du confinement. Ils étaient là pour leur présence dissuasive et s’ils constataient des choses anormales, ils les signalaient aux forces de l’ordre » résume Thierry Coudert, préfet du département.

Cette explication ne suffit pas à convaincre Julien Dray, élu du conseil régional d'Île-de-France et membre du bureau national du Parti socialiste.

Julien Dray est circonspect quant à cette mesure. « S’il y a besoin de renforcer la police – municipale ou nationale -, il y a des gardes qui ont été instaurées, il y a des services civiques qui peuvent prêter main forte. Mais je ne vois pas pourquoi on met des chasseurs, c’est tout de même surprenant. Ils sont armés, d’accord, mais il ne s’agit pas d’aller tirer sur des gens qui sortent dehors quand même ! ».

 

Les chasseurs n'ont finalement dressé "aucun procès verbal et ne portaient pas de fusil"

Fait notable : les chasseurs ne portaient pas de fusil lors de ces missions. Pour autant, le préfet a cédé à la pression et a décidé de retirer les arrêtés. Ce même préfet souligne qu'aucun procès verbal n'a été dressé sur la base de ce dispositif. Beaucoup de bruit pour peu de conséquences ?

"C'était un plus pour soulager une trop grande présence des forces de l'ordre à l'intérieur des massifs forestiers du département mais on s'en passera ! Je ne veux pas entrer dans des polémiques de cette nature" regrette le préfet Coudert.