Denys Brunel : "Ce sont des créateurs qui sont parmi les grandes fortunes américaines"

Denys Brunel, ingénieur, docteur des sciences économiques, président de l’association SEST, qui conseille les entreprises notamment sur les questions de santé au travail, auteur de "Le crépuscule des héritiers" (éditions Nouveau Monde), était l’invité d’André Bercoff, vendredi 20 novembre, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Denys Brunel invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Nombreux sont les chefs d'entreprises qui se retrouvent devant le dilemme de léguer leur entreprise à leur descendance ou bien la laisser à une tierce personne. C'est la question sur laquelle s'est penché Denys Brunel.

 "C'est surtout une tendance qui vient en vieillissant"

En France les entreprises familiales sont très nombreuses, "plus que dans les pays comparables", note le président de SEST. Même si leur nombre décroît régulièrement, "il est plus important en proportion que dans les panels similaires dans les pays voisins", souligne-t-il, que ce soit dans les pays européens voire même américains. Aux États-Unis, "ce sont des créateurs qui sont parmi les grandes fortunes américaines", relève Denys Brunel.

 "C'est surtout une tendance qui vient en vieillissant", observe l'ingénieur pour qui "au début, les chefs d'entreprises brillants se disent que leurs fils ou leurs filles n'ont pas forcément les qualités". "Et puis le temps passant, ils viennent de plus en plus à cette idée", rapporte-t-il, s'appuyant sur l'exemple de la famille Gattaz. L'idée de la succession familiale vient souvent avec la montée de l'âge, même si cela a conduit à beaucoup de catastrophes. "Nous avons l'exemple de Gardère, où le père avait du génie, mais pour le fils je n'en dirais pas autant", estime Denys Brunel. Même situation chez les Dassault, où Marcel n'envisageait pas au départ de laisser son entreprise à son fils, Serge.

"Je vais survivre à travers mon fils ou ma fille"

Parmi certaines fortunes, la question ne se pose même pas. Bill Gates disait d'ailleurs que ses enfants "pourront vivre très bien mais ne bénéficieront pas de sa fortune", rapporte Denys Brunel. "L'essentiel de leur fortune ira pour des œuvres", souligne-t-il, une initiative plus rare en France, "où ça se fait très peu". "Les français sont beaucoup moins généreux sur ce point de vue là, la génération des 40-50 ans donnent beaucoup moins que leurs aînés", relève l'ingénieur.

Au final, il y a une tendance naturelle à dire que "je vais survivre à travers mon fils ou ma fille", souligne Denys Brunel. "C'est lui qui gardera le mieux l'ADN de mon entreprise, la postérité", se disent-ils, cherchant dans un sens à voir leur entreprise "rester pérenne et dans la même voie".

 

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