Darmanin choqué? "C'est quand-même fort de café", pour l'association qui avait installé les tentes

Une évacuation qui dégénère au point que le ministre de l’Intérieur lui-même s'en dise choqué: ce lundi soir, place de la République à Paris, les forces de l’ordre ont violemment délogé des migrants majoritairement afghans et les associations qui les accompagnaient. Ils venaient de s’installer dans environ 500 tentes, pour dénoncer l'absence de solution après leur expulsion de Saint-Denis la semaine dernière.

(MARTIN BUREAU / AFP)

Des policiers secouant une tente, faisant tomber au sol le migrant qui se trouvait à l’intérieur: l'une des images qui ont provoqué l'émoi. Ces tentes avaient été installées un peu plus tôt place de la République par des associations, dans le but de dénoncer la situation de ces exilés en errance depuis leur évacuation d’un camp de Saint-Denis la semaine dernière. Très vite l’évacuation dégénère dans les rues de Paris: c’est dans une ambiance saturée de gaz lacrymogènes que l’auteur de ces images, le journaliste Rémy Buisine, reçoit à plusieurs reprises des coups des forces de l’ordre:

Consternation des associatifs et élus présents sur place, comme le député LFI de Seine-Saint-Denis, Éric Coquerel:

 

Expulsés sans solution, selon Utopia 56

"C'est les 1000 personnes qui n'ont pas trouvé de place après l'évacuation de Saint-Denis, qui se sont retrouvé à errer après ce démantèlement faute de place. La préfecture n'a pas mis assez de place. Ils sont chassés pour être dispersés, invisibilisés"-  Yann Manzi, co-fondateur d'Utopia 56, une des associations à l'origine de l'installation des tentes.

 

Au delà de ces migrants expulsés de Saint-Denis la semaine dernière, "c'est plusieurs milliers des personnes, qui sont là depuis des mois voire des années dans des situation administratives très complexes. La politique de non-accueil de ce gouvernement s'amplifie", estime Yann Manzi.

 

Darmanin choqué? "Il n'a honte de rien"

"C'est quand-même lui qui donne les ordres, donc c'est un peu fort de café que monsieur Darmanin se dise choqué par les images, c'est lui qui intime l'ordre à ses forces de chasser les populations exilées. Depuis qu'il est là, ce ministre de l'Intérieur durcit la vie des exilés, il n'a honte de rien. C'est lui qui donne les ordres avant de dire: On n'aurait pas dû faire ça. Franchement honteux" - Yann Manzi, Utopia 56

 

Une séquence qui intervient en pleine adoption de la loi dite sécurité globale

Les restrictions redoutées à la diffusion d'images de forces de l'ordre résonnent avec cette séquence polémique:

"Cela alimente le fait qu'il est important que l'image vive, que les journalistes et citoyens puissent faire remonter ces vidéos de la réalité de ce que fait une partie de notre police. Je ne ferai pas de généralités: par contre certains ne sont pas des agents de police, mais des voyous" - Yann Manzi, Utopia 56

(MARTIN BUREAU / AFP)