Dans un collège de Cahors, un parent d'élève remplace (partiellement) une prof de physique-chimie absente

L'enseignante partie en congé maternité depuis la rentrée n’a toujours pas été remplacée. Pour dépanner, un parent d’élève s'est proposé mais pour seulement quelques heures par semaine pour les 3e. Conséquence: la moitié des élèves de ce collège n’a toujours eu cours de physique chimie. Les parents d’élèves eux ne décolèrent pas.

Tableau périodique. Photo d'illustration. (Augustin Moriaux & Félix Mathieu / Sud Radio)
Reportage Sud Radio de Christine Bouillot à Cahors

 

Depuis septembre et sa rentrée en 4e, la fille d'Adeline n'a pas eu cours de physique-chimie:

"Je ne comprends pas au XXIe siècle, qu'on n'ai plus de prof remplaçant. Une maternité, ça s'anticipe. Mais la seule réponse qu'on nous donne, c'est: pas de prof de physique-chimie !"

 

En même temps qu'ils remuent ciel et terre pour que l'éducation nationale prenne le problème à bras le corps, certains parents à Cahors tentent de s'organiser, comme Sylvie. "Ceux qui ont comme moi la chance d'avoir une fille un peu plus grande, on en parle un petit peu, mais moi je ne suis pas du tout professeur ! Vous imaginez bien que mon enfant se dit: si j'ai pas cours, j'ai pas cours..."

 

Une solution à court terme, pour les 3e seulement...

Les parents ont fini par trouver une solution d'attente. Un parent d'élève, ingénieur de formation, assure six des 18 heures de cours pour les élèves de 3e, année du brevet. Candidature validée par l'inspection académique, mais qui ne règle pas du tout le problème estime Eric Labstide, de la FCPE du Lot: "le service public de l'enseignement est, de plus en plus, un service à deux vitesses avec des territoires ruraux et périphériques avec une pénurie d'enseignants. On a le sentiment d'être les oubliés de la République !" Après une nouvelle manifestation hier, une solution doit être trouvée. Mais si rien ne bouge, les parents envisagent d'aller devant la justice.

 

"Fallait pallier à ce que les élèves qui vont passer le DNB en 3e puissent avoir un minimum de cours. Y'a un Papa qui s'est donc porté volontaire. Il a fait les études pour, donc il a un contrat pour six heures par semaine, avec les 3e. [Pas pour les 6e ni les 5e ni les 4e, donc] Je dirais qu'il y en a au moins 300 qui sont laissés pour compte" - Un dépannage bienvenu, mais qui ne règle pas du tout le problème explique Sylvie Minard de la FCPE