Covid, salaires, carrières: les laborantins se sentent les oubliés de la crise sanitaire

A l'occasion de la journée d’action de ce jeudi, les salariés des laboratoires de biologie médicale étaient appelés à cesser le travail aussi. Chargés de réaliser notamment les tests de dépistages du coronavirus, ils sont soumis à une énorme pression depuis des semaines, alors que leurs conditions de travail et leurs salaires ne bougent pas. Beaucoup ont donc cessé le travail, comme les salariés du Laboratoire Sylab à Figeac dans le Lot.

Le mouvement est parti des salariés de Biofusion, comme ici à Montauban. La "prime covid" de 250 euros, jugée insuffisante, a mis le feu aux poudres. (Lionel BONAVENTURE / AFP)
Reportage Sud Radio de Christine Bouillot

 

Pour ces salariés, la crise du covid représente la goutte d'eau, explique Nathalie, coursière:

"On n'a jamais parlé de nous ! Tout au début du covid, on a fait notre travail, sans protection. Personne ne nous a applaudis. C'est pas qu'on attendait des applaudissements, mais un peu de reconnaissance..."

 

Alors ce jeudi, pour la toute première fois de leur carrière, les 25 salariés de ce laboratoire de Figeac ont débrayé pendant une heure. Si les délais pour les tests covid sont encore très raisonnables ici, la pression en revanche est bien là: "Le stress. La peur de venir travailler, car la pression est énorme. Il y a une agressivité qui a augmenté ces derniers temps, et qui est lourde à gérer pour nous. Nous ne sommes pas là pour gérer leur stress non-plus, on est là pour rendre un service de santé".

 

Salaires, déroulement de carrière

Nathalie Chevalier, déléguée CGT du laboratoire, évoque aussi des problèmes antérieurs à la crise sanitaire actuelle:

"Aujourd'hui, nous ne sommes pas d'accord avec les conditions de travail. C'est lié au covid, mais en fait il y avait déjà des problèmes de revalorisation salariale qu'on n'obtient jamais, pas de déroulement de carrière !"

 

Ce jeudi, Olivier Véran a reconnu des "difficultés opérationnelles" pour mener ces tests, mais pas un mot sur les revendications des salariés des labos.