Coronavirus : la France entame un essai clinique avec du plasma de patients guéris

Un essai clinique avec du plasma de patients guéris du coronavirus Covid-19 démarre en France. Des premiers résultats obtenus à l’étranger sont encourageants, mais le niveau de preuve scientifique est pour l’instant insuffisant.

L'Établissement français du sang prélèvera 200 patients guéris dans 3 régions de FRance. © AFP

Pour en parler, Cathy Bliem, directrice générale adjointe de l'Établissement français du sang (EFS), était l'invitée de Patrick Roger le 7 avril 2020 dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

 

Les premiers patients seront injectés dès le 14 avril 2020

"C’est un essai clinique qui est lancé, et dont l’instigateur principal est l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris, en lien avec l’Inserm et l’Établissement français du sang. Dès aujourd’hui nous allons prélever 600 ml de plasma à des patients guéris. Ce sont des patients qui n’ont plus de symptômes depuis au moins 15 jours.

L’idée est de recueillir ce plasma qui est riche en anticorps neutralisants Covid-19 pour le transfuser à des patients qui sont à risque de formes sévères, qui sont âgés, qui ont d’autres pathologies pour éviter les formes graves de la maladie. Les premiers patients seront injectés la semaine prochaine. Ils recevront deux fois 200 millilitres, à 48 heures d’intervalle, le 5e ou 6e jour de la maladie", a expliqué Cathy Bliem.

Des premiers résultats avant le 25 avril 2020

"Nous prélevons dans les régions de France les plus touchées : le Grand Est, l’Ile-de-France et la Bourgogne-Franche-Comté. On va prélever 200 patients guéris. Nous transfuserons ensuite ce plasma à 60 patients dans les hôpitaux parisiens. Par ailleurs, 30 patients constitueront 'le bras contrôle', c’est-à-dire qu’ils ne recevront rien pour prouver que c’est bien le traitement qui améliorerait la situation clinique des patients. On va suivre la récupération clinique, l’absence d’aggravation de la maladie et l’absence d’effets secondaires.

Le procédé en question s’appelle le transfert d’immunité passive. On fabrique ce genre de médicaments depuis le début du 20e siècle pour d’autres pathologies, par exemple l’hépatite B et le tétanos. Cette technique a été utilisée pour traiter le H1N1. Sur Ebola ça n’a pas marché. Par contre, sur Covid-19 il y a des premiers résultats assez encourageants en Chine et au Royaume-Uni. Mais le niveau de preuve scientifique est insuffisant. C’est pour ça qu’on lance cet essai en France. On espère avoir les premiers résultats entre le 15 et le 25 avril", a raconté Cathy Bliem.

 

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