Coronavirus : à Montpellier, un service sanctuarisé pour accueillir les malades

Le Professeur Jacques Reynes, chef du service des maladies infectieuses au CHU de Montpellier, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 6 mars sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Le Professeur Reynes était l'invité de Patrick Roger le 6 mars 2020.

En direct de la place de la Comédie, à Montpellier, des locaux de Midi Libre, Patrick Roger recevait le Professeur Reynes, chef du service des maladies infectieuses au sein du CHU de Montpellier.

 

Une transmission assez facile

Comme l’a dit Emmanuel Macron, l’épidémie est inexorable. "On voit la courbe exponentielle des cas, la phase de descente progressive en Chine, qui a pris des mesures drastiques, la situation italienne explosive, analyse le Professeur Jacques Reynes. En France, le système est mieux organisé, avec un énorme travail des autorités sanitaires pour repérer les cas contacts. On se rend compte que 35% des formes sont asymptomatiques".

"Sur Montpellier, nous avons pris en charge un cluster, un regroupement de cas, familial, sur trois générations. Maintenant, nous avons les facteurs de transmission. Quand on est dans la même maison ou en situation confinée, le risque est significatif. Il n’y a qu’à voir le rassemblement dans une église". D’autant plus que ce virus se transmet assez facilement : "il faut bien concevoir qu’il y a une quantité énorme de virus, plus d’un million de particules virales dans un millilitre de salive".

Un service sancturarisé

Pourquoi une telle inquiétude autour du coronavirus ? "Quand on a moins de 40 ans, on constate 0,2% de mortalité, détaille le chef du service des maladies infectieuses au CHU de Montpellier. Mais quand on est un peu âgé, il monte à 20%. Pour le quatrième âge, au-delà de 75 ans, il y a un risque majeur. En pratique, les personnes ayant une pathologie cardiaque ou respiratoire risquent de faire une forme grave. Les enfants sont aussi contaminés mais ne font pas de formes graves".

Comment est organisé l’hôpital de Montpellier ? "Nous avons sanctuarisé mon service, qui était dans un pavillon indépendant. Il y a tout un circuit, avec un parking particulier, un accès spécial. Toute une filière a été organisée rapidement. J’ai connu trois guerres, avec le SRAS et la grippe aviaire. Nous sommes assez préparés à la problématique de la transmission".

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