Classe à la maison : "En un an, rien n’a été fait pour se préparer"

Des bugs informatiques ont paralysé plusieurs heures les plateformes d’enseignement à distance de l’Éducation nationale. Sophie Venetitay, professeure de SES et secrétaire générale adjointe du SNES-FSU, était l’invitée de Patrick Roger le 7 avril dans l’émission "C’est à la une" sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h10.

Avec l'ensemble des écoles fermées, enseignants et élèves doivent travailler via Internet, à distance. (Nicolas Tucat / AFP)

"Pourquoi rien n’a été fait ?"

Faut-il croire à une menace venant de l’étranger, comme l’a affirmé le ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer ? "Je ne suis pas informaticienne, je n’ai pas les compétences, confie Sophie Venetitay, professeure de SES et secrétaire générale adjointe du SNES-FSU. Il est vrai qu’il y a eu ces dernières semaines des attaques contre des hôpitaux et des collectivités territoriales. Après, la vraie question est pourquoi, aujourd’hui, notre pays n’est pas en mesure de se protéger contre des attaques informatiques contre des intérêts stratégiques ou à des moments stratégiques."

"C’est un moment important pour l’école, souligne Sophie Venetitay. Il faut se dire que des milliers d’élèves et de professeurs vont se connecter en même temps au début de l’école à distance sur Ma classe à la maison. Pourquoi rien n’a été fait en termes de sécurité, côté Etat, comme en termes de connexion côté collectivités ?"

 

 

"Nous avons été au rendez-vous"

Quelles sont les explications fournies par les rectorats et le ministère ? "Du côté des collectivités territoriales, on dit qu’il y a peut-être eu un problème à supporter autant de connexions simultanées. Cela paraît assez surréaliste d’entendre cela. On se retrouve un an en arrière. Je me suis retrouvée exactement dans la même situation qu’il y a un an, devant mon écran, avec un message d’erreur. Comme si personne n’avait été en mesure d’apprendre de ce qui s’était passé l’an dernier."

"C’est cela qui est assez terrible, juge la secrétaire générale adjointe du SNES-FSU. On a de grands discours sur l’importance de l’Éducation Nationale. Mais en un an, rien n’a été fait pour se préparer." Du coup, la semaine va-t-elle vraiment être productive ? Elèves et professeurs ne sont-ils pas un peu désabusés ? "Nous, hier, nous étions prêts. On va essayer de rattraper dans les prochains jours, si les outils fonctionnent. Au moment de faire le bilan, il faudra se rappeler que nous avons été au rendez-vous, pas forcément l’institution."

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