Christophe, ancien SDF : "C'est bien de penser aux gens qui travaillent mais ce serait bien de penser aux sans-abris"

Christophe, ancien SDF, et Christine d'Hauthuille, journaliste, coordinatrice de Mon Chien ma ville, étaient les invités d’André Bercoff jeudi 19 mars sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Christophe invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

À l'heure où les Français sont priés de se confiner dans leur domicile, les sans-abris se retrouvent eux toujours à la rue, en première ligne contre l'épidémie et semblent être les grands oubliés des mesures prises par le gouvernement. L'occasion de prendre des nouvelles de Christophe, ancien SDF qui possède désormais un modeste appartement dans lequel il peut se confiner, hélas, sans pouvoir inviter ses amis.

 

S'en sortir grâce à ses chiens

Christine d'Hauthuille, coordinatrice de Mon chien ma ville relève "l'histoire exemplaire de Christophe". "Quand on s'est rencontré, il était à la rue avec ses trois chiens, il avait besoin de parler et les chiens ont fait la différence", se souvient la journaliste. Des chiens vecteurs d'un lien social, "grâce à qui, il a eu la volonté de se sortir de la rue", affirme-t-elle.

Une présence importante que confirme le principal intéressé. "Ce sont mes chiens qui m'ont donné la force d'entreprendre les choses. Sans mes chiens, je ne parlerai pas là maintenant", confie Christophe. "C'est grâce à eux que j'ai pu aboutir, avoir du contact avec les gens", se réjouit-il, en notant qu'au début, "ce n'était pas tout simple, j'avais comme image celle d'un SDF drogué, alcoolique et qui tape ses chiens".

Une solitude accentuée pendant le confinement

Alors que la France traverse une crise sanitaire sans précédent, les sans-abris se retrouvent à la rue, seuls. "Ils ne peuvent même pas avoir de masques ou de produits car tout est pris d'assaut", rapporte Christophe qui témoigne qu'il y a encore "beaucoup de SDF dans la rue, au moins trois ou quatre dans mon quartier". "C'est bien de penser aux gens qui travaillent mais ce serait bien de penser à eux aussi", s'exclame-t-il. Christophe appelle les pouvoirs publics à "trouver un moyen pour les mettre à l'abri en confinement".

Christine d'Hauthuille rappelle que "la première cause de mortalité à l'heure actuelle dans les villes, c'est la solitude". Un sentiment accentué alors que les rues sont désormais quasiment désertes. "Ces gens-là vont être encore plus seuls", alerte-t-elle. "La solitude a toujours tué, bien avant le coronavirus et elle n'a pas besoin de bactérie pour donner la mort", rappelle la coordinatrice de l'association Mon chien ma ville.

 

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