Charlotte Gaccio : "la grossophobie est une histoire de culture : le gros a toujours été celui qui prend leur part aux autres"

Pierre Ménès, Charlotte Gaccio et Marcel Amont, étaient les invités de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 30 septembre dans "Le 10h - midi", pour parler de la série documentaire "Pourquoi nous détestent-ils nous les gros, les vieux, les malades ?", diffusée sur Planete+.

Charlotte Gaccio et Pierre Ménès, invités de Valérie Expert dans "Le 10h - midi" sur Sud Radio.

Pour la troisième saison, la série documentaire "Pourquoi nous détestent-ils ?" s'attaque aux préjugés contre les gros, les vieux et les malades. Les personnages sont incarnés par Charlotte Gaccio, Marcel Amont et Pierre Ménès. Les nouveaux épisodes seront diffusés à partir du mardi 1er octobre à 20h55 sur Planète+.

 

Charlotte Gaccio : "gros n'est pas un gros mot ! C'est un adjectif malheureusement péjoratif"

Les gens sont-ils trop facilement mis dans les cases, comme le suggère une auditrice de Sud Radio ? Charlotte Gaccio se dit grosse. "Gros n'est pas un gros mot ! confirme-t-elle à Valérie Expert et Gilles Ganzmann. C'est un adjectif comme grand, brun, qui est malheureusement péjoratif. J'ai voulu déconstruire dans ce documentaire le fait qu'être gros est une maladie de la volonté. Personne ne veut être gros, on n'est pas gros parce qu'on passe sa vie sur un canapé à manger des chips. Il y a plusieurs formes d'obésité. Évidemment que le fait d'être gros passe par la nourriture, mais il n'y a pas que ça, il y a des troubles de comportement alimentaire, c'est dans la tête avant d'être dans le corps".

Pierre Ménès a été très malade, il a été greffé du foie et des reins. "Je n'ai jamais senti de discrimination, mais j'ai été formidablement entouré, notamment par mes patrons. Les rencontres que j'ai faites dans ce documentaire montrent que quand on est malade, on est discriminé, floué financièrement. Ce tournage a été un long et pénible voyage. Quand vous êtes malade, on a toujours cette fâcheuse tendance à vous parler comme à un débile".

Marcel Amont, âgé de 90 ans, a hésité au départ à participer au tournage. "Tout le monde n'est pas gros ou malade, mais tout le monde vieillira, dans le meilleur des cas. Et puis je me suis demandé s'ils n'auraient pas raison... J'ai commencé à déceler des petits signes auxquels je n'avais pas prêté attention. Et c'est comme pour tout, les gens n'aiment pas qu'on soit différent d'eux. J'ai remarqué que de temps en temps, il y a des gestes nettement agressifs à cause de l'âge".

 

"Cette saison, c'est un peu la saison de nos peurs à tous"

Les trois documentaires sont très forts, mais le mot est-il vraiment "détester" ou est-ce plutôt de la peur ? "Pour les malades, c'est plus de la peur, estime Pierre Ménès. Peur de l'image que ça renvoie, qu'à votre tour vous tombiez maladeCette saison, c'est un peu la saison de nos peurs à tous, explique Charlotte Gaccio. Peur d'être gros, de mal vieillir, d'être malade.

Je pensais que la grossophobie étaient des micro-agressions, des anecdotes de la vie de tous les jours. Et quand je me suis intéressée au travail des militantes, je me suis rendue compte que c'est une discrimination globale. La grossophobie est une histoire de culture : le gros a toujours été celui qui prend leur part aux autres".

 

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Retrouvez l'invité média de Valérie Expert et Gilles Ganzmann du lundi au vendredi à partir de 10h00 sur Sud Radio dans "Le 10h - midi".

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