Charles Prats : "50 milliards d'euros par an s'évaporent dans la fraude"

Charles Prats, ancien magistrat au sein de la délégation nationale à la lutte contre la fraude (DNLF) au ministère du Budget (de 2008 à 2012), auteur de "Le Cartel des Fraudes" (éditions Ring), était l’invité d’André Bercoff, jeudi 17 septembre sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Charles Prats invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Charles Prats s'attaque aux fraudes sociales. Dans un nouveau livre sorti chez Ring, l'ancien magistrat dénonce les abus et les pratiques illégales qui coûtent chaque année une somme faramineuse aux contribuables.

 

50 milliards d'euros de fraude par an

Selon l'auteur du Cartel des fraudes, "les gens ont pris conscience du problème" que représente la fraude fiscale. "Les dépenses de protection sociale représentent 787 milliards d'euros par an", souligne-t-il, incluant le chômage, les maladies, les retraites et les allocations. Soit "un tiers du PIB", insiste Charles Prats. Mais la France compte un manque à gagner certain : "50 milliards d'euros par an s'évaporent dans la fraude".

"Les voix de la fraude sont très pénétrables dans notre système social", s'amuse à décrire l'auteur qui assure qu'il existe "plein de manières de frauder". Il dénonce le comportement de "certains professionnels de la santé qui sont dans les premiers rangs de la fraude", avec des actes fictifs, comme des arrêts de travail, la fraude aux allocations ou la non déclaration de revenus, énumère Charles Prats.

Créer un vrai organe de contrôle

Même si cela reste "très marginal", il existe des "complicités internes avec les organismes de protection sociale", souligne l'ancien magistrat. "Leur métier est d'aider les gens, payer les prestations. La lutte contre la fraude, c'est un autre métier, on recherche des bandits", explique-t-il regrettant un manque de spécialisation dans le domaine du contrôle.

Charles Prats propose "de sortir la compétence de contrôle des organismes de protection sociale" afin de la transférer sous l'autorité de Bercy "avec des gens pour qui ce serait leur boulot". Car pour l'auteur, ces deux métiers étant très différents, il s'agit de professionnaliser les contrôles et donc de devenir plus efficace.

 

 

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