Charles-Edouard Bouée : "Plus vous avez de l'argent, plus vous avez de chances de faire cette rupture technologique"

Charles-Edouard Bouée, associé du fonds de capital-risque Alpha Intelligence Capital (AIC) et ancien patron de Roland Berger, auteur de « L’ère des nouveaux titans » aux (éditions Grasset), était l’invité d’André Bercoff, vendredi 13 novembre sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Charles-Edouard Bouée invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

L'âge d'or des géants de la technologie est apparu il y a un peu plus de dix ans. Une montée en puissance fulgurante encouragée par la crise de 2008 et ses conséquences, comme le décrit Charles-Edouard Bouée.

"Une abondance de l'utilité qui ne va pas s'arrêter"

Quand les plateformes numériques se multiplient de jour en jour, cela se résume à de l'argent facile et une planche à billet qui tourne à plein régime. "Ce qui traduit une chose paradoxale", note l'ancien patron de Roland Berger. "On pense tous être dans une ère de la technologie, des titans et de l'âge d'or, en fait tout a commencé en 2008", souligne-t-il. Une crise financière qui a engendré une peur "qui fait qu'on a décidé de mettre en route la planche à billet, de baisser les taux d'intérêt, ouvert et accélérer le développement technologique, la possibilité de financer tout projet technologique", explique Charles-Edouard Bouée.

Un an plus tard, sont apparus "les premières licornes", qui sont devenues par la suite les futurs titans du numérique. "Le nombre de titans créés depuis 2015, c'est 95% des titans actuels", note l'expert. Mais qu'est-ce qu'un titan ? Ils sont connus parmi les Gafa, les plateformes chinoises ou encore "Airbnb, Tesla, Uber ou TikTok", énumère l'auteur. "On est dans une accélération technologique liée à cette abondance de l'utilité qui ne va pas s'arrêter", prévient-il..

"Tesla n'aurait pas été fait s'il n'y avait pas eu tout cet argent qui lui avait été donné"

Avant la crise de 2008, les taux d'intérêts étaient à hauteur de 10 à 15%. "Lorsque vous investissiez 100 millions d'euros, vous aviez besoin de le rendre avec intérêt d'ici cinq ou dix ans", se souvient Charles-Edouard Bouée. "Aujourd'hui, vous pouvez emprunter un milliard d'euros et promettre de ramener un milliard et un euro dans mille ans", note l'auteur qui, au vu des taux d'intérêt négatifs, "serait un investissement intéressant".

Une largesse qui n'est pas à la portée de tout le monde. "Il y a des délais pour les gens 'normaux', pour les gens qui empruntent, qui veulent acheter un appartement", précise l'auteur. "Mais quand vous projetez d'aller sur Mars et que vous dites que ça va coûter 10 milliards, vous levez d'abord un ou deux milliards, vous montrez une preuve, et vous progressez", explique-t-il. "Plus vous avez de l'argent, plus vous avez de chances de faire cette rupture technologique", résume Charles-Edouard Bouée. "Tesla n'aurait pas été fait s'il n'y avait pas eu tout cet argent qui lui avait été donné", illustre-t-il.

 

Cliquez ici pour écouter l’invité d’André Bercoff dans son intégralité en podcast.

 

Retrouvez André Bercoff et ses invités du lundi au vendredi sur Sud Radio, à partir de midi. Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !