Céline Boussié : "les résidents polyhandicapés sont avant tout des êtres humains"

"Le Procureur de la République a classé 9 plaintes sur 10 en disant qu’on avait instrumentalisé la justice", nous a raconté Céline Boussié, aide médico-psychologique, présidente de l'association Lanceuses d'alerte et auteure du livre Les Enfants du silence (Éditions Harper Collins), qui dénonce la maltraitance au sein de l’institut médico-éducatif où elle a travaillé. Céline Boussié était l'invitée d’André Bercoff le 19 février 2018 sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

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"La dignité de l’être humain était niée"

Ancienne salariée d’un institut médico-éducatif, Céline Boussié se bat depuis des années contre la maltraitance et le non-respect de la convention relative aux droits des personnes handicapées.

"Je travaillais dans un établissement qui accueillait des enfants, des adolescents et des adultes polyhandicapés. J’y ai constaté tout un tas de dysfonctionnements et de cas de maltraitance grave, où la dignité de l’être humain était niée. Car avant d’être des résidents polyhandicapés, c’est des êtres humains. On est en droit de se demander ce que vont devenir ses enfants, et de demander à la justice que soit menée une enquête", a déclaré Céline Boussié au micro d’André Bercoff.

La maltraitrance des résidents polyhandicapés, une longue histoire

Malgré de multiples alertes, la maltraitance qui avait lieu dans cet institut médico-éducatif a duré depuis des décennies, sans que des mesures soient prises. Pire, les différentes alertes lancées par Céline Boussié se sont retournées contre elle. "Dès 1995, cet établissement avait été dénoncé par un premier lanceur d’alerte qui avait été condamné pour diffamation. En 1999, rebelote ! En 2009, soit l’année suivant mon arrivée, on a laissé une résidente sans soins, et elle a fini par décéder. Lorsque j’ai alerté ma hiérarchie, non seulement ils n’ont pas réagi, mais ça s’est retourné contre moi de manière violente", nous a raconté Céline Boussié.

"J’ai alors alerté la délégation départementale du Gers de l’Agence régionale de santé. Ils m’ont répondu que c’était un dossier trop lourd, et l’ont confié à l’Agence régionale de santé de Midi-Pyrénées. Puis il y a eu une inspection, mais on n’a pas eu de nouvelles depuis. J’ai alors alerté l’ensemble du gouvernement de l’époque, qui a commandité une enquête, et un rapport a reconnu l’existence d’une situation de maltraitance institutionnelle. Et même à ce moment-là, aucune de mes collègues ne m’a soutenue. L’établissement a été repris depuis, mais la nouvelle direction continue à nier la maltraitance", a déploré Céline Boussié.

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