La ministre des Sports et de la Jeunesse Marina Ferrari a annoncé jeudi sur RMC que le bilan des décès par noyade s'élevait à "plus de 90" depuis le 19 juin, "un chiffre inquiétant" a-t-elle déploré.
Le dernier bilan des autorités faisait état de 74 décès par noyade depuis le 18 juin.
"Depuis le 19 juin, nous déplorons plus de 90 noyades. Un chiffre qui est inquiétant", a déploré la ministre.
"Là, on a assisté à une baisse ces derniers jours, donc on voit bien que c'est corrélé aussi à un pic de chaleur où les gens vont chercher de la fraîcheur. Les premiers jours, il y avait beaucoup de jeunes, ensuite derrière ça s'est réparti", a détaillé Marina Ferrari.
Elle a cependant souligné qu'"il n'y a pas de profil type, d'abord il y a une fragilité sur les très jeunes enfants, qu'on ne doit pas laisser sans surveillance, ensuite il y a des jeunes sur des comportements qui sont dangereux, +je saute d'un pont+, +je vais dans un canal qui n'est pas surveillé+".
Marina Ferrari a reconnu "qu'on a une fragilité sur les piscines, notamment en zone rurale, où on a de moins en moins de piscines parce qu'il y a un problème de rénovation".
"On travaille sur une refonte du brevet national de sauveteur secouriste aquatique pour leur donner plus d'autonomie dans la surveillance, pour renforcer les maîtres-nageurs sauveteurs. Le décret va bientôt être publié pour être opérationnel dès l'année prochaine. C'est une réforme qui était attendue depuis longtemps", a mis en avant la ministre.
Marina Ferrari a également estimé qu'il fallait "qu'on redéveloppe l'apprentissage de la nage en eau libre, puisqu'on le voit bien aujourd'hui, nous avons beaucoup d'accidents qui ne sont pas en piscine".
Durant l'été 2025, 409 personnes sont mortes par noyade en France, en hausse de 16% par rapport à 2024, selon Santé publique France. Parmi les victimes figuraient 57 enfants et adolescents.
Concernant les événements sportifs, elle a rappelé que "plus d'une soixantaine d'événements sportifs avaient été annulés le week-end dernier" en raison de la chaleur, "beaucoup d'organisateurs l'ont fait d'eux-mêmes et d'autres ont dû être annulés par les autorités".
En cas de vigilance orange, les annulations sont "à l'appréciation des préfets, puisqu'on peut avoir une tension hospitalière, une intensité dans la compétition, c'est d'ailleurs ce qui a présidé à l'annulation de l'Ironman à Nice", où un participant à une version non officielle de cette course est décédé dimanche, "ce qui pose un problème", a estimé la ministre des Sports.
"On va tirer les conséquences de ce qui s'est passé notamment sur l'Ironman pour établir une doctrine pour essayer de mieux accompagner les organisateurs", a-t-elle indiqué sans plus de détails.
"On sait qu'on va voir des épisodes de canicule qui vont se répéter à l'avenir. [...] Il est certain que les calendriers vont devoir évoluer" et "il est probable que l'on ait des pauses fraîcheur" dans des compétitions en France à l'instar de celles instaurées au Mondial de foot, a estimé la ministre.
AFP / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP