Camps de Roms : "tout le monde voit, tout le monde passe mais personne ne fait rien !"

Le débat sur l’immigration démarre lundi 7 octobre à l’Assemblée nationale : les débats promettent d’être houleux. Dans les quartiers Nord de Marseille, la multiplication des camps de Roms empoisonne la vie des habitants : rats, poubelles éventrées, odeurs pestilentielles, les riverains n’en peuvent plus. Pour eux, l’immigration a ses limites, surtout quand on ne peut pas accueillir les Roms dignement. Lionel Maillet de Sud Radio est allé à leur rencontre.

Dans les quartiers Nord de Marseille, la multiplication des camps de Roms empoisonne la vie des habitants. AFP

Camps de Roms : "si on veut leur dire quelque chose, la peur se retourne contre nous de se faire agresser"

Une boîte d’antidépresseurs toujours à portée de mains. Danielle ne supporte plus ce qu’elle voit des fenêtres de son salon : "ils ont monté un squat, des baraques avec des bâches bleues, jaunes, orange, horrible ! raconte-t-elle au micro de Lionel Maillet de Sud Radio. Les petits se baissent et font pipi, ils se mouchent et s'essuient sur leur tricot. Moi je n'ai plus faim, j'ai mal au cœur et je prends des cachets..."

 

Cela fait plus d’un an que les Roms se sont installés sur un bout de terrain entre deux voies rapides dans le 13eme arrondissement de Marseille, un bidonville où ils font régulièrement des feux. "Les odeurs, la fumée acre, tout le monde est pris à la gorge. Si on veut leur dire quelque chose, la peur se retourne contre nous de se faire agresser".

 

"Tout le monde voit, tout le monde passe mais personne ne fait rien !"

Les riverains ont beau alerter la mairie et la préfecture, ça ne change rien. À bout de nerfs, certains n’excluent pas des méthodes plus musclées pour faire partir les Roms et se faire justice eux même : "beaucoup de personnes ont voulu mettre le feu dans le camp. Ça ne peut plus durer, nos maisons n'ont plus de valeur ! Tout le monde voit, tout le monde passe mais personne ne fait rien !"

Ici, le débat sur l’immigration se fait au quotidien et d’avis général, on ne plus accueillir dans de telles conditions. "Ce n'est pas qu'on ne veut pas des Roms ! Ce sont des pauvres gens, on les chasse d'un côté, on se les renvoie de quartier à quartier. Ce sont des êtres humains, qu'il ne faut pas laisser dans la rue, mais il faut les intégrer dans une situation qui soit confortable pour eux et pour leur environnement".

 

La métropole Aix-Marseille-Provence vient tout juste d’être épinglée par justice pour son refus d’installer des aires d’accueil destinées aux gens du voyage.

 

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