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Belloubet met de la "souplesse" dans les groupes de niveau contestés

La ministre de l'Education Nicole Belloubet a annoncé jeudi un assouplissement dans la mise en place de groupes de niveau en français et en mathématiques l'an prochain au collège, tout en laissant planer un certain flou sur l'application de cette réforme contestée.

STEPHANE DE SAKUTIN - AFP

La ministre de l'Education Nicole Belloubet a annoncé jeudi un assouplissement dans la mise en place de groupes de niveau en français et en mathématiques l'an prochain au collège, tout en laissant planer un certain flou sur l'application de cette réforme contestée.

La ministre, qui a succédé le 8 février à Amélie Oudéa-Castera, réaffirme dans un entretien au Monde le principe de "groupes tout au long de l'année scolaire" en français et mathématiques, en "prenant en compte" le "niveau" et les "difficultés" des élèves, une mesure prévue dès la rentrée prochaine en 6e et 5e. Mais, ajoute-t-elle sans utiliser l'expression "groupes de niveau", "nous allons introduire une certaine souplesse pour les principaux de collège".

"Ainsi il appartiendra au chef d'établissement de voir à quels moments dans l'année il faut rassembler les élèves en classe entière, afin de réexaminer la composition des groupes", explique la ministre, qui dit "croire à l’autonomie des établissements et "faire confiance aux équipes éducatives".

Lors d'un déplacement jeudi après-midi dans un lycée parisien, la ministre a précisé qu'il s'agirait de "groupes de besoin, en fonction de compétences à acquérir", et que les élèves travailleraient "en classes entières pour certaines séquences", dans "des temps déterminés de l'année".

"Dans une séquence pédagogique (...), il y aura des élèves qui auront plus de difficultés qui seront réunis en petit groupe, il y aura des élèves qui ont un peu plus d'aisance qui travailleront dans un groupe", a-t-elle détaillé.

- "recul" -

Mais en réintroduisant l'idée de "moments en classe entière", et en n'utilisant pas le terme de "groupes de niveau", la ministre assouplit de fait le discours initial de Gabriel Attal, même si elle se défend de toute inflexion.

En décembre, Gabriel Attal, alors ministre de l'Education, avait annoncé la création de groupes de niveau à la rentrée 2024 en 6e et en 5e, et en septembre 2025 en 4e et 3e. C'est l'une des mesures phares du "choc des savoirs", ensemble de réformes pour élever le niveau des élèves.

La création de ces groupes avait suscité la colère des syndicats enseignants, chefs d'établissements et fédérations de parents d'élèves, qui ont pointé un risque de "tri" des élèves et un manque de moyens pour les mettre en place.

Le Premier ministre prévoit bien la mise en place des groupes de niveau mais souhaite que "cela soit mis en place dans les meilleures conditions", selon une source au sein de l'exécutif qui "n’exclut pas" que soit rajouté "un peu" de crédits supplémentaires.

Mais les syndicats ont vu dans les annonces de Nicole Belloubet un "recul" du gouvernement. "On acte le fait que les groupes de niveau ne vont plus apparaître dans les textes", a souligné Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat des collèges et lycées. "C'est donc un recul".

"C’est un changement de braquet qu’il faut saluer", a renchéri Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du SNPDEN-Unsa, premier syndicat des chefs d'établissements. "Les équipes vont pouvoir réfléchir localement".

- "usine à gaz" -

Les annonces faites jeudi sont cependant loin de répondre à toutes les questions.

"Ça ne change rien à la philosophie générale que l'on n'a pas validée, car les moyens ne sont pas là", a réagi Agnès Andersen, secrétaire générale du syndicat de chefs d'établissement ID-FO. "Nous avions estimé à 6.000 le nombre de professeurs nécessaires", contre 2.300 annoncés par le ministère.

"On n’est pas du tout certains qu’il y aura assez de postes et surtout de postes pourvus", abonde Catherine Nave-Bekhti, du Sgen-CFDT.

Pour le Snalc, "le ministère continue de s’entêter dans un schéma irréalisable sur le terrain" qui va créer "une usine à gaz".

Au ministère de l'Education, on indique que "c'est aux équipes pédagogiques de terrain de trouver l'organisation la plus fine", sans que soit fixée "de proportion cible" de temps passé en classe entière.

Ces annonces interviennent alors que des mobilisations ont eu lieu ces dernières semaines contre les groupes de niveau, notamment en Seine-Saint-Denis.Plus de 3.000 personnes ont défilé jeudi à Paris pour réclamer un plan d'urgence pour l'école dans ce département et l'abandon des groupes de niveau.

slb-asm-we-are/grd/as

Par Sophie LAUBIE et Anne-Sophie MOREL / Paris (AFP) / © 2024 AFP

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