André Cicolella : "L’environnement de la maison est plus pollué que l’extérieur"

Chimiste, toxicologue et porte-parole de Réseau environnement santé, André Cicolella était l’invité du Grand Matin Sud Radio ce jeudi pour évoquer la contamination inhérente à nos maisons, en raison notamment des nombreux produits que nous utilisons.

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Les Français n’en ont peut-être pas conscience, mais leur quotidien à la maison est pollué par de multiples contaminations dues à leurs propres habitudes et à leur mode de vie. En cause notamment, l’utilisation de nombreux produits cosmétiques ou ménagers qui se révèlent nocifs pour la santé. André Cicolella, toxicologue et porte-parole de Réseau environnement santé, était l’invité du Grand Matin Sud Radio ce jeudi pour en parler.

"Il faut éviter tout ce qui sert à masquer les odeurs"

"On a une vision protectrice de la maison, où tout doit être parfait de ce point de vue-là. Mais on sait depuis un certain temps que l’environnement intérieur est plus pollué que l’environnement extérieur. Cela tient à notre mode de vie moderne. Il faut le savoir et agir à ce niveau-là. Bougies, encens, etc., génèrent une contamination qui est, par principe, concentrée dans un environnement intérieur sans ventilation", indique-t-il d’emblée.

"Il ne faut pas non plus avoir un discours anxiogène. Le grand principe d’hygiène qu’on connaît depuis très longtemps, c’est d’aérer régulièrement. Il faut éviter tout ce qui sert à masquer les odeurs : cela remplace les odeurs par d’autres odeurs mais aussi par d’autres substances. Je pense notamment aux phtalates. C’est une famille de perturbateurs endocriniens – ça commence à parler aux gens maintenant – dont on voit bien les risques pour l’enfant mais aussi le futur adulte. C’est un problème à prendre au sérieux, avec un objectif «zéro phtalate» car c’est une famille qui génère trop d’effets sanitaires sérieux", préconise-t-il par ailleurs.

"Il y a une responsabilité des fabricants"

Sur cette question des perturbateurs endocriniens, André Cicolella assure que des solutions sont largement applicables. "Il y a une responsabilité des fabricants. Il faut qu’ils fournissent des produits sans perturbateurs endocriniens. On organise un colloque le 10 octobre à Paris sur le thème Villes et territoires sans perturbateurs endocriniens, et on a l’exemple de la mairie de Paris. Ses fournisseurs en produits de nettoyage s’engagent ainsi à fournir des produits sans alkylphenols, une autre grande famille de perturbateurs endocriniens. Si on est capables de fournir la mairie de Paris, on peut le faire pour n’importe quelle mairie et n’importe quel citoyen. (…) Ce n’est pas forcément plus cher, mais il y a quelque part la force de l’habitude et je pense que la prise de conscience de cet enjeu sanitaire ne s’est pas encore faite suffisamment", dit-il.

Réécoutez en podcast l’interview d’André Cicolella dans le Grand Matin Sud Radio