Alexandre Langlois : "La police est prise en étau entre deux équipes de lâches"

Mardi 23 avril, édition spéciale de "Bercoff dans tous ses états" sur la liberté d’informer. En direct de midi à 14h, André Bercoff convie journalistes, photographes et vidéastes de terrain, pour qu’ils témoignent sur leurs conditions de travail lorsqu'ils essaient de couvrir les manifestations. "Bercoff dans tous ses états", de midi à 14h sur Sud Radio !

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Didier Maïsto : "Cette casse a été sciemment entretenue et organisée"

André Bercoff propose une émission spéciale de "Bercoff dans tous ses états" sur la liberté d’informer. En direct de midi à 14h, il convie journalistes, photographes et vidéastes de terrain, pour qu’ils témoignent sur leurs conditions de travail lorsqu'ils essaient de couvrir les manifestations. Tout d'abord, le président de Sud Radio, Didier Maïsto intervient : "Cette casse a été sciemment entretenue et organisée. Ce que je dis est grave mais il faut le dire".

Chrystelle Fresneau, journaliste, a été blessée lors d'une manifestation : "Normalement, un tir de LBD ne doit viser que les personnes dangereuses pour les forces de l'ordre. Pourtant, j’ai été visée à la main en filmant". Et de poursuivre son récit troublant : "C’est la première fois que je prends un tir de LBD, pas la première fois que je prends des coups en faisant mon travail". Dominique Pradalié du Syndicat national des Journalistes (SNJ) confie : "Les journalistes se retrouvent directement visés lors des manifestations. Mais pas pendant des charges des forces de l'ordre : souvent pendant des périodes de repos". Elle poursuit : "10% des blessés lors des manifestations des Gilets Jaunes sont des journalistes. Il n'y a pas de hasard. La question est : qui couvre et qui donne les ordres ?" Et de conclure : "On arrive à un nombre de plaintes de journalistes contre la police qui sera bientôt plus important que le nombre de plaintes contre les Gilets Jaunes ! C’est du jamais vu".

Alexandre Langlois : "La situation s'aggrave puisqu'il y a une hausse de la violence"

Alexandre Langlois, secrétaire Général du syndicat de police VIGI, témoigne : "La situation s'aggrave puisqu'il y a une hausse de la violence. Je reprends l'expression d'un collègue CRS : 'Une bonne manifestation est une manifestation où on a regardé les manifestants défiler, appuyés sur notre bouclier'. S'il y a une hausse de la violence, ce n'est bon pour personne". Il évoque les unités qui ne sont pas formées pour le maintien de l'ordre mais à l'anti-émeute. Ces "chiens fous", comme il les nomme, n'ont ni la formation ni le recul. Il précise alors : "On sait qui donne les ordres à la police, c'est le ministre. Après on sait qui est chargé d’enquêter c'est l'IGPN : inspection générale de la police nationale. On rappelle régulièrement qu'elle n'a plus de base légale en France depuis 2014". Depuis cette date, la police n'a plus le droit d'enquêter sur la police d'après le code éthique européen.

Il illustre alors avec ce qui se passe durant les manifestations des Gilets Jaunes : "Nos collègues sur le terrain sont mis en cause, ils ont sans doute commis une faute professionnelle, mais on ne regarde pas le contexte extérieur : les heures supplémentaires accumulées, le manque de formation, qui a donné les ordres... On constate à chaque fois : l'IGPN ne va pas enquêter plus loin. Ils prennent le sommet de l'iceberg et disent c'est l'iceberg complet. (...) Les gens qui organisent cette pièce de théâtre ne sont jamais dans la boucle". Selon lui, "on recherche un responsable pour éviter de remonter jusqu'aux responsables." Et de poursuivre : "La police est prise en étau entre 2 équipes de lâches : les casseurs qui se cachent parmi les manifestants après leurs exactions et le gouvernement qui ne répond pas à la colère et se cache derrière sa police". 

 

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Retrouvez André Bercoff et ses invités du lundi au vendredi sur Sud Radio, à partir de midi. Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !