À Marseille, un bâtiment du diocèse transformé en squat depuis un an

À Saint-Just à Marseille, près de deux cents personnes ont investi les quartiers du diocèse, sans qu'aucune mesure ne soit prise en un an. Pourtant, le conseil départemental est en face du bâtiment en question. Et les squatteurs sont sous le coup d'une expulsion. Mais pour l'instant, l'heure est à la survie dans des conditions parfois inquiétantes.

Des migrants fixent une bannière sur le batiment occupé. On peut lire "Les gens, ici, ont besoin d'un toit,dormir dehors n'est pas acceptable". (Photo Christophe SIMON / AFP)

Reportage de Stéphane Burgatt pour Sud Radio.

À Marseille, une histoire divise l'opinion. C'est celle d’un squat dans le nord de la ville, quartier Saint-Just. Dans ce bâtiment - propriété du diocèse - occupé depuis plus d’un an, des mineurs isolés occupent les lieux. Leur sort incombe normalement au Conseil départemental mais l'anecdote n'en est que plus orignale : le Conseil est situé juste en face et ce n'est pas comme s'il était possible de passer à côté du squat. En effte, habitants, migrants et bénévoles manifestent souvent, déployant de larges drapeaux pour se faire voir (voir photo ci-dessus). Mais la collectivité territoriale dit ne pas pouvoir faire face et la situation perdure alors que ses occupants sont aujourd’hui expulsables selon la décision de justice.

Leur sort dépend donc maintenant d’une décision du diocèse, lequel peut exiger à tout moment le recours à la force publique pour évacuer les lieux. Tout en travaillant en parallèle à trouver une solution de relogement.

Ici, les conditions de vie sont difficiles. Beaucoup de choses viennent à manquer ici comme le dit Diano, 15 ans, même si l'adolescent est heureux d’avoir un toit.

"Oui, ça manque de douches, de toilettes, de beaucoup de choses. Il y a des gens qui dorment par terre. mais je suis là, c'est la vie."

250 personnes s’entassent ici, aidés matériellement par des associations, des bénévoles ou encore d’anciens « squatteurs » comme Aboubakar, aujourd’hui devenu étudiant.

"Au moins, faites un tour pour les aider (les squatteurs, ndlr) à faire quelques travaux. La gratitude, il faut la montrer. On est quuand même là pour aider, il ne faut pas oublier d'où l'on vient" raconte Aboubakar, ancien squatteur.

 

Du côté du département, un immobilisme qui psoe question

Maintenant que les occupants peuvent être expulsés d'un jour à l'autre, Damien, bénévole trentenaire, s’inquiète qu'aucune solution d’hébergement ne soit trouvée.

"Le département a eu six mois pour trouver des solutions et on n'a aucune nouvelle. On ne sait pas ce qu'il va se passer, tout le monde a peur. On est désolés, c'est vrai que la situation ne s'améliore pas, mais là il y a encore des familles qui viennent pointer, une centaine de mineurs et 70 bébés sur les 250 personnes présentes. D'ailleurs, la semaine dernière, un enfant est né ici."

 

Le diocèse, proprietaire des lieux, peut maintenant exiger l’expulsion à tout moment mais travaillerait pour l’heure à trouver des solutions d’hébergement alternatives.