À Marseille, des parents d'élèves d'un collège lancent leur propre campagne de recrutement malgré le manque de moyens

Des parents d'élèves prennent les devants. Au collège Giono dans le nord de Marseille, classé REP, ils dénoncent un manque de moyens de personnel alarmant pour surveiller les enfants. Ils réclament en vain des renforts depuis 3 ans, période durant laquelle les effectifs de collégien ont pratiquement doublé.

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20 000 nouveaux profs font leur première rentrée cette année.

Reportage de Stéphane Burgatt

 

Des parents d'élèves prennent les devants. Au collège Giono dans le nord de Marseille, classé REP, ils dénoncent un manque de moyens de personnel alarmant pour surveiller les enfants. Ils réclament en vain des renforts depuis 3 ans, période durant laquelle les effectifs de collégien ont pratiquement doublé.

Ces parents d'élèves en colère ont donc pris l'initiative de bloquer l'entrée de l'établissement ce lundi et ont lancé leur propre campagne de recrutement pour forcer la main à l'inspection académique.

"Nous, on va leur montrer que c'est très simple"

Les parents d'élèves recrutent sur une affiche très professionnelle. Les offres d'emplois sont détaillées. C'est l'ultime recours pour des mamans à bout, comme Laëtitia. "Ils ne savent pas faire. Eh bien nous, on va leur montrer que c'est très simple. Il faut savoir qu'on a lancé la campagne vendredi et nous avons une trentaine de CV".

"On a besoin de budget pour le fonctionnement de n'importe quel collège"

Un recrutement sauvage. Oui mais pas symbolique pour Séverine Gil, une des mamans qui comptent aller au bout de sa démarche. "C'est délicat comme opération. On lance un recrutement dont on n'a pas l'argent. On s'est engagé de passer leur candidature auprès de l'inspection académique et on le fera auprès du ministère pour être sûr que les CV arrivent quelque part. Mais ensuite on a besoin de budget pour le fonctionnement de n'importe quel collège : des surveillants, une infirmière.

"On est à leur côté"

Et ils peuvent compter sur le soutient des enseignants solidaires comme Myriam. "Tous les lieux dans l'établissement ne peuvent pas être surveillés correctement. Par exemple, les toilettes doivent être fermés à une certaine heure parce qu'il n'y a pas assez de surveillants. Donc nous, on est à leur côté".

Parents et enseignants ont été reçus par l'inspection académique. Ils n'ont pas obtenu les réponses espérées. La campagne de recrutement continue donc.

Stéphane Burgatt (avec Maxime Trouleau)