Créés pour permettre aux salariés de déjeuner au restaurant, les titres-restaurant servent désormais de plus en plus à faire les courses. Une évolution qui inquiète les restaurateurs et divise les députés. Qu’est-ce qui cloche ?
Un ticket-restaurant sur trois seulement est dépensé au restaurant
Tickets-restaurant, chèques déjeuner et autres appellations désignent tous les "titres-restaurant", financés en partie par les employeurs pour permettre aux salariés de prendre un repas. Mais leur utilisation a considérablement évolué : aujourd’hui, seul un titre sur trois est dépensé au restaurant, contre un sur deux il y a quatre ans. Un changement considérable pour un dispositif qui représente près de 10 milliards d’euros injectés chaque année dans l’économie.
Autre problème : certains restaurateurs refusent désormais les titres-restaurant, estimant que les commissions prélevées par les émetteurs sont trop élevées. On entend même parler de commissions de 10%, un chiffre qui ne correspond pas à la moyenne, située autour de 3,5%. L’UMIH, le principal syndicat des restaurateurs, dénonce un véritable cercle vicieux : moins les salariés utilisent leurs titres au restaurant, moins les professionnels ont intérêt à les accepter. C’est kafkaïen !
Les députés rejettent la solution proposée par les restaurateurs
Pour sortir de cette situation, l’UMIH propose de différencier les plafonds quotidiens d’utilisation : 25 euros dans les restaurants et les commerces alimentaires de proximité, mais seulement 10 euros dans les grandes surfaces. L’objectif est de redonner aux titres-restaurant leur vocation initiale, tout en permettant aux salariés de continuer à faire une partie de leurs courses alimentaires avec.
Mais lundi 12 octobre, l’Assemblée nationale a rejeté les amendements proposant ce double plafond. Les députés ont adopté en première lecture une proposition de loi modernisant le dispositif, sans retenir cette mesure réclamée par les restaurateurs. L’UMIH dénonce un choix qui favorise la grande distribution au détriment des restaurants et appelle désormais les sénateurs à rétablir un meilleur équilibre. Car le titre-restaurant, inventé en France et repris depuis dans de nombreux pays, avait aussi pour objectif de soutenir la restauration et l’activité des centres-villes.
Retrouvez “Qu’est-ce qui cloche ?” d’Aurélie Giraud chaque jour à 6h40 dans le Petit Matin avec Benjamin Glaise
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