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Formation : peut-on vraiment utiliser son CPF comme on veut ?

Par Aurélie Giraud

Permis de conduire, bilan de compétences, formations : l’État limite désormais davantage l’utilisation du CPF. Pendant ce temps, les escrocs multiplient les fausses promesses de cadeaux, d’emplois ou d’argent pour détourner les droits des salariés.

Le compte personnel de formation est soumis à de nouvelles restrictions en 2026.

Le compte personnel de formation (CPF) permet aux salariés de financer des formations grâce aux droits accumulés au fil de leur carrière. Mais contrairement à ce que beaucoup pensent, cet argent ne peut pas être dépensé librement. Et depuis 2026, les règles se sont encore durcies. Qu’est-ce qui cloche ?

Des droits à la formation de plus en plus encadrés

Chaque année, les salariés accumulent des droits sur leur compte personnel de formation, automatiquement crédité au fil de leur activité professionnelle. De quoi financer une formation, un bilan de compétences ou encore, sous certaines conditions, le permis de conduire. Mais attention : les sommes affichées sur ce compte ne sont pas de l’argent qui vous appartient, comme celui déposé sur un compte bancaire. Il s’agit de droits à la formation, auxquels une valeur en euros a été attribuée. Et leur utilisation est strictement réglementée.

Depuis 2026, l’État a encore resserré les règles. Exemple avec le permis de conduire : alors qu’il était encore possible de financer son permis moto avec le CPF l’an dernier, ce n’est désormais plus autorisé. Pour le permis B, les conditions sont devenues beaucoup plus restrictives. Et même lorsque votre CPF est suffisamment alimenté, vous ne pouvez pas nécessairement utiliser toute la somme disponible : le financement du permis de conduire est désormais plafonné à 900 euros. Même principe pour le bilan de compétences, dont la prise en charge est également limitée. Derrière ces restrictions, l’État affiche un double objectif : recentrer le CPF sur les formations véritablement professionnelles et maîtriser les dépenses du dispositif. Autrement dit, disposer de droits sur son compte ne signifie pas qu’on peut les utiliser librement, ni même intégralement.

Des restrictions qui n’empêchent pas les arnaques

Paradoxalement, pendant que l’État encadre de plus en plus l’utilisation du CPF, les escrocs continuent de promettre exactement l’inverse : transformer les droits à la formation en argent ou en cadeaux. Certaines offres proposent par exemple un ordinateur ou une tablette gratuits, à condition de s’inscrire à une formation financée avec son CPF. D’autres vont jusqu’à promettre de reverser une partie de l’argent du compte en échange d’une inscription à une formation fictive. Ces pratiques sont interdites : les droits CPF ne peuvent pas être convertis en espèces, ni servir à financer des cadeaux.

Autre méthode particulièrement trompeuse : les fausses offres d’emploi. Le candidat se voit promettre un poste, parfois même un recrutement garanti, mais à une condition : suivre d’abord une formation financée avec son CPF. Là encore, le piège consiste à détourner les droits à la formation. Pour éviter ces escroqueries, un premier réflexe s’impose : se méfier de tout organisme qui vous contacte spontanément pour vous vendre une formation CPF. Le démarchage commercial lié au CPF est interdit, que ce soit par téléphone, SMS, courrier électronique ou sur les réseaux sociaux. Enfin, attention aux messages qui jouent sur l’urgence en affirmant que vous allez bientôt perdre vos droits si vous ne les utilisez pas. C’est faux : les droits accumulés sur votre CPF n’ont pas de date limite d’utilisation. Inutile donc de céder à la pression de ceux qui voudraient vous faire dépenser vos droits à votre place.

Retrouvez “Qu’est-ce qui cloche ?” d’Aurélie Giraud chaque jour à 6h40 dans le Petit Matin avec Benjamin Glaise

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