Voile, immigration, droit d’asile : “terreau de l’islamisme” selon Robert Ménard

Robert Ménard, maire de Béziers, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger, jeudi 22 octobre sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Robert Ménard interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 20 octobre 2020 à 7h40.

Emmanuel Macron a assuré que la France ne renoncera pas aux caricatures, durant l’hommage au professeur Samuel Paty, victime de l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine. "Honnêtement, il m’a touché. Je crois qu’il a eu les mots justes", confie Robert Ménard. Lors de cette cérémonie s’est exprimé "le besoin que l’on a, à un moment donné, de se retrouver ensemble", ajoute le maire de Béziers qui juge que "c’est plus que de l’émotion". Néanmoins, pour ce qui est de savoir si ce sentiment "résistera au lendemain, à aujourd’hui, je ne suis pas sûr", nuance-t-il,  "sauf si cela se traduit par de vraies mesures".

Une communauté musulmane "terrorisée" par les islamistes

Des mesures, le gouvernement en a annoncé plusieurs pour lutter contre l’islam radical, au lendemain de l’attentat. Robert Ménard ne lui fait toutefois pas confiance "parce qu’il y a trois ans qu’ils sont au pouvoir". "Il y a toute un tas de gens dont je fais partie" qui alerte le pouvoir et rapporte qu’une partie "de la communauté musulmane est terrorisée par des islamistes qui font la loi". "Il y a quelque chose de mafieux chez les islamistes", note le maire de Béziers.

Reste la question de savoir comment aider ces musulmans terrorisés. "Je n’en sais rien", admet Robert Ménard qui note, "pour être honnête" que lors de l'hommage rendu à Samuel Paty à Béziers, mardi, "des femmes voilées, et Dieu sait qu’il y en a dans ma ville, il n’y en avait pas". "C’est ça aussi le problème", estime-t-il. "Aujourd’hui, je le redis parce que c’est un chiffre qui m’effraie, 74% des Français musulmans de moins de 25 ans font passer la religion avant la République", rappelle l'édile.

L'immigration comme "terreau" de l'islamisme

Ce qui l’inquiète n’est pas "le terrorisme" mais "un espèce d’islamisme rampant, un islamisme du quotidien, un islamisme de tous les jours", précise-t-il, estimant que "la droite comme la gauche sont des faux-cul là-dessus" et appelant à "interdire le voile partout, parce que c’est le premier marqueur de l’islamisme". Le maire de Béziers ajoute que "l’immigration massive est le terreau de l’islamisme" et il y a "un détournement massif du droit d’asile".

Alors que la question du droit d’asile et de l’immigration divise la classe politique, Manuel Valls juge, si nécessaire, bon de changer la Constitution. Une demande déjà relayée par la droite, dont Robert Ménard qui invite à "s’interroger sur le pouvoir du Conseil constitutionnel", qui avait notamment censuré la loi instaurant "une surveillance des gens islamistes libérés de prison", alors que c'était "juste du bon sens", selon le maire de Béziers.

Il faut également s’interroger sur les "conventions internationales" comme "la convention européenne des Droits de l’homme" avec laquelle "il faut prendre des distances" car elle "bloque un certain nombre de mesures", ajoute Robert Ménard qui estime que "quand les Droits de l’homme ou les déclarations des Droits de l’homme empêchent de défendre un peuple, c’est un vrai problème". "Je préfère la sécurité, à un moment donné, aux Droits de l’homme", se justifie-t-il.

S'attaquer à l'islamisme

Pour lutter contre l’islamisme, Robert Ménard souhaite axer sur les priorités. "D’abord, limiter l’immigration" car "vous n’assimilez plus les gens quand ils sont majoritaires, c’est eux qui vous assimilent", explique l'élu. Ensuite, il faut revoir "le droit d’asile" car "les trois quarts des gens qui le demandent ne l'obtiennent pas", et alors que "la loi dit il faut les mettre dehors", leur expulsion "n’arrive quasiment jamais". Robert Ménard appelle également à s’attaquer aux associations et s'étonne que "l'on découvre que le CICF est un problème", seulement maintenant. Il estime que les musulmans modérés ont besoin "qu’on dénonce les islamistes". "Dénoncer les islamistes ce n’est pas dénoncer l’islam, c’est dénoncer les gens qui pervertissent l’islam", précise le maire.

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a créé la polémique en critiquant les rayons "communautaires" des supermarchés. Une sortie que Robert Ménard critique vivement : "honnêtement, il aurait mieux fait de la fermer à ce moment-là". S’il juge parfois justifiée, la critique de certains menus halal à la cantine, il estime que la critique sur les rayons de supermarché est "stupide", notamment car le ministre n’attaquerait jamais les "rayons Casher".

L'horizon 2022

À moins de deux ans des élections présidentielles, Robert Ménard admet que l'union des droites est aujourd'hui "un échec total". Si les sondages annoncent un nouveau duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, le maire de Béziers est persuadé que cette dernière "ne gagnera pas toute seule". "Je continue à dire qu'elle n'est pas la mieux placée pour faire cette union des droites, il faut trouver quelqu'un qui l'incarne", estime-t-il, ne trouvant pas une personnalité non plus capable du côté des Républicains. "Il n'y a pas un leader qui est capable de convaincre tout le monde", déplore-t-il, précisant "ne pas plaider" pour sa propre candidature.

 

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