Valérie Rabault (PS) : "Le gouvernement est sur une ligne de droite, c'est clair"

Invité politique
Valérie Rabault, interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio, le 13 juin 2019 à 7h40.

Valérie Rabault, députée PS Tarn-et-Garonne, présidente du groupe PS à l’Assemblée nationale, était l’invitée politique de Patrick Roger le 13 juin 2019 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

La patronne des députés socialistes à l’Assemblée nationale a réagi au discours de politique générale d'Édouard Philippe, lançant l’Acte 2 du quinquennat d’Emmanuel Macron.

"Rien n'est clair, il y a un loup"

"Rien ne change, c'est le même cap avec quelques précisions, estime-t-elle. Toute la gauche a voté contre. Il y a eu 100 voix contre en plus par rapport à 2017. Édouard Philippe est à la tête d'un gouvernement de droite, c'est clair, il n’y a plus d’hésitation". Les annonces relatives à l’âge de départ à la retraite sont-elles de droite ? "Comme toujours, il y a des annonces, juge la présidente du groupe PS à l’Assemblée nationale. Mais les faits sont différents sur les retraites : il dit qu'on maintient l'âge de 62 ans, mais il fera peut-être travailler un peu plus. Rien n'est clair, il y a un loup. Une fois que vous avez mis un système par points, vous faites ce que vous voulez, même s'ils disent maintenir l'âge de 62 ans".

Quid du long passage et des annonces sur l’écologie, au lendemain du score de la liste de Yannick Jadot aux élections européennes ? "Sur l’écologie, il n’y a rien de nouveau." Édouard Philippe a même parlé du retour de la consigne. "Ce qui a sa place dans un discours de politique générale, c’est comment on finance les infrastructures ? Dans la loi Mobilités, combien d’euros en plus pour les transports ? Zéro."

Le cap n'a pas changé

Que pense la députée PS Tarn-et-Garonne des 27 milliards de baisses d'impôts? "Si, dans ces 27 milliards, il compte les 20 milliards de l'ISF, cela fait moins de 1% des Français. Dans ces baisses d'impôts, il y a la taxe d'habitation, sauf qu'il ne dit pas comment il la finance. Je vous rappelle qu’il avait fait le même discours en 2017, qu'il avait financé par une hausse inouïe des taxes énergétiques. Quand vous ne présentez pas un plan ficelé, ce qui est l’objet d’un discours de politique générale, il y a toujours de mauvaises surprises. Rien ne change, il est sur le cap qu’il avait fixé. La seule différence par rapport à la saison 1, est que toute la gauche a voté contre, alors que l'abstention a augmenté chez les députés de droite. Ce qui signifie clairement que le gouvernement est sur une ligne à droite. C’est leur droit. Édouard Philippe avait été très clair en montant sur le perron de Matignon en 2017. Il avait dit : 'Je suis un homme de droite'. Il est cohérent, il met en place une politique de droite et il en a parfaitement le droit. Nous avons le droit de ne pas être d’accord avec ça. Ce discours, je n’en attendais rien."

Avec la PMA pour toutes, le gouvernement ne s’adresse-t-il pas, cette fois, à la gauche ? "Ce n’est pas de gauche ou de droite. Je salue cette annonce. Sur les sujets sociétaux, comme la fin de vie, il y a une liberté de vote laissée. Je suis favorable à l’ouverture à toutes les femmes. Mais le reste de la politique menée reste dans un registre de droite."


 

 

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