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Tests antidrogue : le gouvernement impose des contrôles « inopinés » aux ministres

Par La rédaction

Hier dans une circulaire, le Premier ministre a annoncé vouloir mettre en place des dépistages antidrogue « inopinés et obligatoires » pour l'ensemble des membres des ministères. Une mesure qui détonne.

Guillaume BAPTISTE - AFP

À partir d'aujourd'hui, les ministres devront organiser des tests antidrogue au sein de leur cabinet. C'est ce qu'a formulé le Premier ministre Sébastien Lecornu dans une circulaire, dévoilée par Politico et datée du 16 juin. L'ensemble des membres du gouvernement ont pour consigne de mettre en place des dépistages antidrogue « obligatoires et inopinés » au sein de leurs ministères.

Des tests salivaires au programme

Le texte prévoit la réalisation de « tests salivaires » auprès des membres des cabinets ministériels « ainsi que des titulaires d'emplois à la décision du gouvernement, au regard de la nature des missions qu'ils exercent, de leur exposition et de l'exigence particulière d'exemplarité qui s'applique à eux ». Sont notamment concernés les préfets, recteurs d'académie, ambassadeurs, hauts commissaires, commissaires généraux ou encore certains délégués interministériels.

La consommation « dans un cadre privé » pas tolérée

Les ministres sont invités à réaliser « la liste des catégories d'emplois susceptibles d'être soumises à un dépistage régulier ». L'objectif affiché est de s'assurer que les responsables exerçant des fonctions sensibles ne sont pas sous l'influence de substances illicites dans l'exercice de leurs missions.

La circulaire précise que la consommation de stupéfiants, « y compris de façon ponctuelle dans un cadre privé » constitue, « au-delà de leur propre mise en danger et de l'impact sur le service, une vulnérabilité personnelle susceptible d'être exploitée par des groupes de pression, des réseaux criminels ou des manœuvres d'ingérence ».

Un plan d'action avant le 26 juin

En cas de résultat positif, chaque ministre devra décider des suites à donner, pouvant aller jusqu'à des sanctions disciplinaires. Le Premier ministre précise également que ces dépistages « s'accompagnent de garanties claires : droit à une contre-expertise, protection des données personnelles, concertation préalable avec les représentants du personnel ».

Les membres du gouvernement devront donc transmettre à Matignon, « avant le 26 juin », un plan d'action détaillant les modalités de mise en œuvre de ces nouvelles mesures.

Louis Aliot : « Je suis persuadé que dans le monde politique, c'est un fléau répandu »

Cette décision de mettre en place des tests antidrogue « obligatoires et inopinés » intervient quelques mois après une vague de débats sur la consommation de drogue chez les élites, notamment au sein des différents gouvernements et de l'ensemble du monde politique. 

Louis Aliot, vice-président du Rassemblement national, avait averti sur ce sujet en décembre 2025 au micro de Sud Radio. « Moi, je suis persuadé que, dans le monde politique, c'est un fléau répandu. Voilà, c'est un fléau répandu. Pourquoi on ne s'en occupe pas ? Je me tairai… », avait-il déclaré.

Il n'avait pas éludé la question au sein même de son parti : « Il est évident que le fléau de la drogue touche tout le monde et, très certainement, sans en avoir pu vérifier moi-même la réalité, des gens qui, peut-être, ne sont pas très loin de moi. Quand je vous dis que c'est un fléau et que c'est massif, je pèse mes mots (...). »

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