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Saint-Brévin : On a "ignoré ces appels à l’aide de Yannick Morez"

Par Jean Baptiste Giraud

Saint-Brévin : Yannick Morez, le maire qui a démissionné, "se savait menacé, il a demandé une protection, il n’a obtenu qu’un coup de fil de monsieur Véran".

Le maire de Saint-Brévin, Yannick Morez, a démissionné sur fond de menaces et violences de l’extrême-droite opposée à la construction du CADA dans la commune. (Photo by FRED TANNEAU / AFP)

Yannick Morez, maire de Saint-Brevin-Les-Pins, a annoncé sa démission. Il avait été la cible de menaces de la part de l’extrême-droite. Sa maison ainsi que ses véhicules ont été incendiés. Pour protéger sa famille, il a donc décidé de quitter ses fonctions.

 

"La République est en danger, pas pour les raisons qu’on nous explique"

"Cette agression est très grave", affirme Guillaume Bigot, essayiste, "mais pas pour les raisons qu’on nous explique". "Et la République est en danger, pas pour les raisons qu’on nous explique."

Alors que l’adage dit "lorsque le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt", selon lui, "toute la classe politique regarde le doigt lorsqu’elle dénonce le danger imminent que le racisme incendiaire ferait courir à la République". Il juge que "le doigt, c’est le terrorisme d’extrême-droite en France". Et "pour l’extrême-gauche, le doigt détourne l’attention de la tentation de la violence de son propre camp".

Mais, en réalité, la "lune" "c’est la montée de la violence politique en France tous azimuts. La lune c’est la montée de l’excommunication qui empêche tout débat à l’Assemblée, à la Sorbonne ou ailleurs. La lune c’est la dépolitisation de notre pays".

 

"Qui est chargé de protéger les maires, les élus, les profs, les pompiers..." ?

L’essayiste confirme que le scandale est dans l’agression du maire. Mais aussi "d’avoir ignoré ces appels à l’aide de Yannick Morez. Il se savait menacé, il a demandé une protection, il n’a obtenu qu’un coup de fil de monsieur Véran".

 

Guillaume Bigot rappelle que l’incendie de sa maison, alors qu’il dormait, "date du 22 mars". "Nous sommes le 11 mai, et ce n’est que maintenant qu’on se préoccupe de son sort." Et il demande : "qui est chargé de protéger les maires, les élus, les profs, les pompiers..." ? C’est bien "l’État, le président de la République, le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur". S’il ne sont pas "les coupables", ils sont "les responsables", estime Guillaume Bigot. "Ils devraient se faire tous petits."

 

"Aucun camp ne peut être pointé comme étant la cause"

L'attaque contre le maire s'est faite dans le cadre d'une opposition violente à l'installation de demandeurs d'asile sur la commune. Et ce alors que la commune en accueillait déjà depuis plusieurs années, sans rencontrer de difficultés. Mais pour Guillaume Bigot, les opposants à cette installation n'ont pas plus de responsabilité que "les partisans". "Il y a juste un coupable, c'est l'incendiaire", semble-t-il lié à l'extrême-droite et aux mouvements identitaires. Être favorable ou opposé "à ce projet" n'empêche pas de "vomir ce passage à l'acte criminel". "Aucun camp ne peut être pointé comme étant la cause", estime l'essayiste.

Pour autant, il juge que les partisans de la politique d'immigration ont une responsabilité qui "n'est pas la même" que celle de ceux qui "dénoncent les risques de cette politique".

 

 

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