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Raphaël Cognet (ex-maire de Mantes-la-Jolie) : "C'était de la haine pure, d'une grande violence psychologique et physique"

Par La rédaction

TEMOIGNAGE SUD RADIO - Escorté par la police après sa défaite, Raphaël Cognet l'ancien maire de Mantes-la-Jolie - témoigne de l'ambiance hargneuse qui régnait au soir des élections municipales.

municipales Mantes la jolie
Soirée de résultats des élections municipales tendue à Mantes-la-Jolie. (Crédit : Wikimedia / JH Mora)

Battu dimanche par la liste d’union de gauche d’Adama Gaye, 34 ans, le maire Horizons sortant de Mantes-la-Jolie, Raphaël Cognet, a quitté la mairie après sa défaite au second tour des élections municipales dans une ambiance électrique, marquée par des scènes de tension et une hostilité manifeste d'une partie de la population. “Prends tes affaires, rentre chez toi”, pouvait-on entendre. Des mouvements de foule et des bousculades ont eu lieu alors qu'il tentait de rejoindre son véhicule, à tel point que l'élu a dû être escorté par la police. Le climat était décrit comme "irrespirable" par certains membres de son équipe. Encore choqué, Raphaël Cognet témoigne au micro de Sud Radio.

"Une pression physique très forte"

« C’est le plus sympa que l’on m’ait dit, confie Raphaël Cognet, ex-maire de Mantes-la-Jolie, au micro de Patrick Roger, sur l'antenne de Sud Radio. On m’a aussi beaucoup insulté quand je suis allé proclamer les résultats aux alentours de 23 heures dans le hall de l’hôtel de ville. On sentait une pression physique très forte. C’était un moment très désagréable. Je m’apprêtais à dire « félicitations au vainqueur et à disposition pour la transition»."

"Tous les étages de la mairie avaient été envahis"

"Le vainqueur n’était pas présent à ce moment-là, et les lieutenants d'Adama Gaye ont été incapables de rétablir l’ordre. On a été coupés, insultés à plusieurs reprises. Il a fallu partir Je suis remonté à mon bureau, sachant que tous les étages de la mairie avaient été envahis. Au bout de dix minutes, la police municipale m’a dit qu’il fallait que l’on parte. J’avais ma femme et mes enfants à l’étage. Elle m’a dit : « j’ai pensé que tu ne rentrerais jamais »."

"Je n’ai pas été frappé, mais cela ne laisse pas indemne"

"C’était un moment d’une très grande violence psychologique et physique, raconte Raphaël Cognet,ex-maire de Mantes-la-Jolie. Je n’ai pas été frappé, mais cela ne laisse pas indemne. C’est de la haine brute. Dans cette ville, j’ai été élu au premier tour en 2017 et 2022. Là, j’ai fait 46%, et il y a eu une coalition électorale en face de moi. Les soirées de victoire ou de défaite, c’est toujours difficile. Mais là, on sentait une haine brute, un peu bizarre, qui je crois ne représente pas l’intégralité de Mantes-la-Jolie. Cela donne une très mauvaise image de la ville."

"Il y a toujours un risque de dérive clientéliste et communautaire"

Dans l’entre-deux tours de ces élections municipales, Raphaël Cognet avait dénoncé un risque de clientélisme. "Il y a toujours un risque de dérive clientéliste et communautaire. La ville peut être le seul employeur. J’ai essayé de sortir de cela, mais on peut y retomber très vite. Quand vous financez des associations, vous demandez ses comptes certifiés. Vous n’embauchez pas des copains mais ceux qui ont les bonnes compétences. Vous vous tenez à égale distance de toutes les religions. Cela demande une ténacité très forte."

Retrouvez "C'est à la Une" chaque jour à 7h10 dans le Grand Matin Sud Radio avec Patrick Roger

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