Présidentielle : les fractures du premier tour

Quelles fractures le premier tour de l'élection présidentielle révèle-t-il ? Assiste-t-on à la fin des partis et des corps intermédiaires ?

Que signifient les 45% de voix obtenues lors du premier tour de l'élection présidentielle par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ?

Présidentielle : "La forme des partis a fait son temps"

Peut-on parler d'une France contestataire ? "Le vrai problème, actuellement, est le fractionnement de l’expression, depuis de longues années, entre la liberté officielle et la liberté officieuse, analyse Michel Maffesoli, sociologue et professeur émérite à la Sorbonne.  Là, on voit que cette élection l’a concrétisé."

Serait-ce la suite du mouvement des Gilets jaunes, un mouvement pas forcément politisé à droite ou à gauche ? "C’est difficile, on reste sur ce que l’on a appris. Mais c’est la fin des corps intermédiaires, des partis et des syndicats. La forme des partis a fait son temps. Les soulèvements des Gilets jaunes en ont été les prémices. C’est ce qui va se développer."

 

"Un troisième tour social, des soulèvements multiformes"

"À mon sens, nous sommes en train de parler de troisième tour social, de soulèvements multiformes, estime l'auteur de La transfiguration du politique paru en janvier aux éditions du Cerf. Ce ne seront pas les mêmes. Des jeunes, des moins jeunes, des professions qui ne sont pas satisfaites…. Voilà à quoi il faut s’attendre. À cela s’ajoute une autre fracture entre vote des vieux et vote des jeunes. C’est pour les sauver que l’on a bousillé la vie des jeunes à venir. Il faut aussi voir l’abstention chez les jeunes. Autour de moi, pas un n’a voté."

"Pour moi, cette élection, c’est la fin de l’idéal démocratique. On n’intéresse plus le cerveau, mais le ventre, estime Michel Maffesoli. Un sociologue des années 1930, déjà, voyait la fin de la forme 'parti'. Il disait que ces partis étaient devenus des oligarchies, qui concernent peu de monde. À un moment, ces partis n’intéressent plus. C’est la distinction entre le peuple et les élites. D’ailleurs, on a peur de parler de peuple, on parle de populisme."

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