"M. Le Pen laisse entendre que la justice n'est pas impartiale, c'est choquant"

Julien Denormandie, secrétaire d'État auprès du ministre de la Cohésion des Territoires
Julien Denormandie, secrétaire d'État auprès du ministre de la Cohésion des Territoires @Sud Radio

Julien Denormandie, secrétaire d'État auprès du ministre de la Cohésion des Territoires, était l'invité politique du Grand Matin Sud Radio.

Marine Le Pen s'est indignée, jeudi, sur les réseaux sociaux, d'une évaluation psychiatrique ordonnée par la justice à son égard dans le cadre de l'enquête sur ses tweets diffusant des images des exactions de Daesh en décembre 2015.

Invité du Grand Matin Sud Radio, Julien Denormandie, par respect pour la séparation des pouvoirs, n'a pas voulu s'exprimer sur la décision de la justice d'ordonner cette expertise - décision obligatoire lorsqu'une personne est poursuivie pour "diffusion d'un message violent susceptible d'être vu ou perçu par un mineur" selon l'article 706-47-1 du code de procédure pénale.

La réaction de Marine Le Pen n'est pas à la hauteur de quelqu'un qui prétend occuper la fonction de président de la République

Le secrétaire d'État auprès du ministre de la Cohésion des Territoires a toutefois fustigé la réaction de la présidente du Rassemblement national.

 

 

"Il y a une réaction de Marine Le Pen que je trouve choquante, c'est le message qu'elle publie juste après et qui laisse entendre que notre justice n'est pas impartiale, a indiqué Julien Denormandie. Quand vous avez une personne qui a candidaté pour être président de la République, dont la fonction est d'être le garant de la séparation des pouvoirs, et qui sous-entend que la justice n'est pas impartiale, c'est choquant et ça en dit long sur la personnalité de Marine Le Pen. Ce n'est pas à la hauteur de quelqu'un qui prétend occuper la fonction de président de la République. La justice n'a pas pris cette décision pour Marine Le Pen. La justice est la même pour tout le monde."

Loi Elan : "Lutter contre l'habitat insalubre" et "faciliter la mise en œuvre du numérique et de la téléphonie mobile"

Julien Denormandie est également revenu sur son action en matière de logement, avec la loi Elan (Évolution du logement, de l'aménagement et du numérique) qui, après un an de débat, a enfin trouvé sa version définitive.

"Dans la loi, on facilite deux choses, pouvoir lutter contre l’habitat insalubre et la mise en œuvre du numérique et de la téléphonie mobile pour pouvoir installer les antennes ou autres plus facilement aujourd’hui, parce que ce n’est pas un luxe, mais un droit", a expliqué le secrétaire d'État.

On n'a pas suffisamment de recul pour savoir si l'encadrement des loyers marche ou pas

Reconnaissant "un manque énorme de logements", Julien Denormandie entend "faciliter l'acte de construction avec des mesures radicales, fortes, pour pouvoir atteindre le plus haut niveau de construction dans les zones qui le nécessitent".

S'il ne s'avance pas trop sur l'encadrement des loyers, expliquant ne pas avoir "suffisamment de recul pour savoir si ça marche ou pas" et souhaitant aller "au bout de l'expérimentation" pour se faire un avis, il compte sur cette hausse des constructions pour diminuer des loyers devenus "trop chers".

Un gouvernement "à l'écoute" mais un président qui "ne déviera pas" de cap

Enfin, Julien Denormandie est revenu sur le geste annoncé jeudi par le Premier ministre à l'égard des retraités, exonérant 300 000 d'entre eux, selon Édouard Philippe, de la hausse de la CSG : "Il faut toujours entendre les demandes, les impatiences, les critiques. Ce gouvernement souhaite significativement améliorer la situation des retraités. Là, on parle de la CSG, mais en parallèle, et on en parle beaucoup moins, les retraités vont progressivement voir leur taxe d'habitation disparaître."

"J’assume toute notre politique qui est tournée vers le financement et la revalorisation du travail, c’est notre choix politique, a-t-il ajouté. Pourquoi on fait cela ? Parce que ça nous permet de diminuer fortement les cotisations sociales que paient les salariés. On veut faire en sorte que les gens retrouvent le chemin du travail quand ils n’en ont pas et qu’ils soient payés mieux (...) Il y a une écoute de toutes les impatiences, mais il y a un cap qui est très clair. Le président de la République n’en déviera pas."

 

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