Pass vaccinal : "J'y suis complètement opposé !" affirme Gaspard Koenig

Gaspard Koenig, philosophe, candidat à l'élection présidentielle et créateur du mouvement politique Simple, affirme être "complètement opposé aux pass sanitaire et vaccinal". Il était l'invité du “petit déjeuner politique” sur Sud Radio.

pass vaccinal
Gaspard Koenig, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio, le 14 janvier, dans "le petit déjeuner politique".

Gaspard Koenig est le dernier candidat à l'élection présidentielle à s'être déclaré. Pass vaccinal, simplification administrative, campagne électorale : il a répondu aux questions de Patrick Roger.

Gaspard Koenig : "Je suis complètement opposé aux pass sanitaire et vaccinal"

Le texte transformant le pass sanitaire en pass vaccinal retourne à l'Assemblée nationale, car les sénateurs et députés n'ont pas trouvé d'accord en Commission Mixte Paritaire. Gaspard Koenig affirme être "complètement opposé et au pass sanitaire, et au pass vaccinal. Si la loi décide de laisser le choix ou non de se faire vacciner, ce qui est le cas aujourd'hui, il ne faut pas créer une souricière pour contraindre de manière pernicieuse les gens à une décision que l'on n'assume pas".

Pour lui, "c'est une très mauvaise habitude que d'accepter cette contrainte permanente où il faut scanner des codes barres, de déléguer le pouvoir de police aux serveurs, aux ouvreurs de cinéma. Ça contribue à l'effondrement de l'État de droit : la loi n'est plus faite pour dire ce qui est légal ou pas, mais une espèce de mélange de morale censée vous dire ce qui est bien ou pas. Or, ce n'est pas le rôle de la loi !"

"Je suis un 'déçu très rapide' du Macronisme"

Gaspard Koenig est un candidat du Centre. "Ça peut aller du centre gauche au centre droit, ça dépend des sujets", tient-il à préciser. Il se présente au titre de philosophe citoyen avec comme mot d'ordre : tout contre la bureaucratie. Il complète : "simplifier la bureaucratie administrative mais aussi des entreprises. Notre pays meurt de la multiplication des injonctions, des contraintes et des normes. On a besoin d'autonomie, de redonner aux gens cette marge de responsabilité sans laquelle il n'y a pas vraiment de vie en société possible". Le candidat porte "un grand projet de société qui revient sur 2 siècles de jacobinisme, de verticalité".

Tous les présidents ont parlé de simplification administrative. "Personne n'en a fait un projet de société, un projet prioritaire, dénonce Gaspard Koenig. Pour lui, il faut changer de méthode : "jusqu'à présent sous chaque quinquennat, une commission regarde quelles normes il faut ôter. Et il se passe toujours la même chose : quand on en enlève une, il faut en mettre deux pour maintenir l'équilibre et 4 reviennent par la fenêtre ! Je propose un changement drastique et pour cela, nous avons conçu une méthode avec des juristes : on ne regarde pas quelle norme ôter, mais quelle norme garder. On maintient les grands principes essentiels et le reste, on l'enlève. On promet de diviser par 100 le nombre de normes, pour faire tenir le droit français en un volume, compréhensible par tous".

Emmanuel Macron, que Gaspard Koenig a soutenu en 2017, avait promis de sortir la France des lourdeurs de la bureaucratie. "Il a fait exactement l'inverse, il a reverticalisé le pouvoir, déplore-t-il. Je suis un 'déçu très rapide' du Macronisme, quelques semaines après son élection". Emmanuel Macron est selon lui "ultra personnalisé, très autoritaire dans la manière d'exercer le pouvoir. On a besoin de tout l'inverse. Il faut reconsidérer la présidence, qui donne les grandes orientations et laisse le gouvernement gouverner".

"Avec une administration laissée à elle même, on produit de l'emmerdement"

Gaspard Koenig a travaillé dans les ministères, avec Christine Lagarde. "Les gens qui sont à la tête de l'État sont plutôt de bonne volonté mais fondamentalement, ils ne font pas confiance à l'individu, l'entreprise, la collectivité pour prendre la bonne décision pour lui-même ou elle-même. Il faut faire confiance à l'individu pour choisir sa vie et ses valeurs, à la commune pour faire quelque chose qui fait sens à son environnement local, idem pour l'entreprise. La confiance est essentielle, nous sommes dans une société de défiance".

D'après le philosophe, "la grève dans l'Éducation nationale reflète exactement ce que je dénonce ! Pour lutter contre un virus, plutôt que de responsabiliser les gens, on micro-régule, on ne comprend plus rien. On est dans l'insécurité juridique totale parce que les règles changent tous les 3 jours. Les règles sont conçues depuis le haut, c'est pour ça que ça ne marche pas, ça ne s'applique pas à la réalité du terrain". Même chose sur le port du masque en extérieur : "au lieu d'assumer cette décision politiquement, on multiplie les petites normes, les injonctions, les contraintes, en créant des solutions kafkaïennes. L'administration est laissée à elle-même, avec un rôle de plus en plus méprisé des contre-pouvoirs, on produit de l'emmerdement. C'est assez grave car on décrédibilise l'État de droit. On vit dans un monde avec de plus en plus de lois et de normes et en même temps, on les respecte de moins en moins".

 

 

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