Biélorussie : "Le dictateur Loukachenko commence à reculer" d'après Nathalie Loiseau

Biélorussie : pour Nathalie Loiseau, députée européenne LREM et ancienne ministre des affaires européennes, "Loukachenko commence à reculer, la peur des sanctions a suffi". Elle était l'invitée du “petit déjeuner politique” le 16 novembre sur Sud Radio.

Biélorussie
Nathalie Loiseau, interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio, le 16 novembre, dans "le petit déjeuner politique".

Construction d'un mur face aux migrants en Pologne à la frontière avec la Biélorussie, nouvelle menace du Covid, campagne présidentielle, Macron, Le Pen, Zemmour : Nathalie Loiseau répond aux questions de Patrick Roger.

Biélorussie : "Le dictateur Loukachenko commence à reculer"

La crise des migrants secoue l'Europe. Le patron de la diplomatie européenne annonce des sanctions contre ceux qui orchestrent l'afflux de migrants à l'entrée de l'Europe. "L'Europe a tapé du point sur la table confirme Nathalie Loiseau. Avant même que les sanctions soient en vigueur, il semble que le dictateur biélorusse Loukachenko, qui est à l'origine de cette manipulation d'êtres humains, commence à reculer"affirme la députée européenne.

"L'idée est de dire aux compagnies aériennes, qui allaient chercher des migrants au Proche et Moyen Orient, d'arrêter ce trafic d'êtres humains. On voit les compagnies les unes après les autres qui disent arrêter, la peur des sanctions a suffi. Par ailleurs, on dit à tous ceux qui ont organisé ces trafics d'êtres humains, qu'ils soient biélorusses ou autres : 'attention on va cogner'".

Nathalie Loiseau : "Le Rassemblement National passe tout à la Russie de Vladimir Poutine"

D'après Nathalie Loiseau, "on sait que Loukachenko, qui se maintient au pouvoir après des élections truquées, n'est là que par le soutien de Vladimir Poutine, qui nie. Mais il n'ignore rien de ce qu'il se passe en Biélorussie estime-t-elle. Prenons-le au mot comme l'a fait Emmanuel Macron : si vous n'avez pas créé la crise, au moins aidez à la résoudre, dites à Loukachenko d'arrêter cette manipulation. On a appelé ça une attaque hybride contre l'Union européenne : agressive, inamicale, par des moyens qui ne sont pas militaires, en convainquant des malheureux de venir en Biélorussie et d'essayer de rentrer en Pologne pour venir en Allemagne".

"C'est une crise créée de toutes pièces, parce que l'Europe avait été très ferme vis-à-vis de Loukachenko, qui a volé des élections, avec des centaines de prisonniers politiques, certains torturés. Il essaie de se sortir de la pression européenne, on remet la pression, il ne lui reste plus qu'à reculer".

Peut-on avoir un dialogue constructif avec Poutine ? interroge Patrick Roger. "On ne peut pas ne pas se parler affirme Nathalie Loiseau. Il faut le faire pour faire baisser la tension, mais pas de manière naïve ou servile. Je suis exaspérée quand j'entends de manière récurrente Madame Le Pen nous dire qu'il faut dialoguer avec Poutine. On sait que le Rassemblement National passe tout à la Russie de Vladimir Poutine. Pour elle, ce n'est pas comme ça qu'on doit se comporter avec un régime autoritaire, qui est à l'origine de campagnes de désinformation en Europe, de cyberattaques en Europe, qui a au mieux laissé faire au pire aidé à la crise européenne aujourd'hui".

Migrants : "Il faut les mettre à l'abri, là où ils sont"

Sur la construction d'un mur à la frontière de la Pologne, Nathalie Loiseau "comprend la réaction des Polonais qui se sentent attaqués. En même temps, il y a un côté tragique de l'histoire. La Pologne, malgré elle, était de l'autre côté du rideau de fer avant la chute du communisme. Aujourd'hui, la Pologne reconstruit un mur pour se protéger d'un dictateur proche de Poutine. Je serai la dernière à lui jeter la pierre".

"Il y a aussi une urgence humanitaire concernant les migrants tient-elle à souligner. Je ne dis pas qu'il faut les accueillir mais il est urgent de les mettre à l'abri. Ce qu'a fait Loukachenko, c'est dégueulasse ! Il faut les mettre à l'abri, là où ils sont, leur donner du chauffage, à manger, des médicaments. Puis il faut raccompagner la plupart d'entre eux, qui n'avaient pas vocation à venir en Europe. La diplomatie européenne est très active depuis plusieurs jours se réjouit-elle. Elle s'est enfin réveillée ! Les pays étaient désunis entre eux et parmi eux, la Pologne. Aujourd'hui, la Pologne en vient à réfléchir différemment. Dans les sondages, la population polonaise demande largement que la Pologne accepte l'aide de l'Union européenne qu'elle avait refusée. Une Europe politique est en train de se construire, comme d'habitude cahin caha, car nous sommes 27 nations qui devons décider ensemble. On a besoin de plus d'Europe".

"Michel Barnier propose quelque chose de grave !"

La souveraineté revient dans les débats présidentiels, notamment concernant la primauté du droit européen sur les règles nationales ? "Le droit européen est décidé en commun de manière volontaire rappelle Nathalie Loiseau. Les lois européennes sont totalement démocratiques, rien ne nous force à prendre ces décisions".

Michel Barnier propose de revoir notre souveraineté juridique, notamment en matière d'immigration. "Michel Barnier propose quelque chose de grave ! estime la députée européenne. Il a passé 4 ans à dire aux Britanniques que les décisions de la Cour de justice européenne n'étaient pas négociables. Du jour au lendemain, parce qu'il est dans une Primaire et qu'il s'adresse à des militants LR, il dit le contraire. Pour elle, le droit européen, c'est les droits des Européens, c'est ce qui nous protège, ce qui fait qu'on ne vit pas dans un pays autoritaire. Quand quelque chose est mal conçu par les Européens, on le change !"

 

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