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Sainte-Soline : "Les soignants ne sont pas autorisés à aller dans les zones d’exclusion"

Par Jean Baptiste Giraud

Qu’est-ce qu’une zone d’exclusion et comment se déroulent les interventions des secours ? Agnès Ricard-Hibon était l’invitée de Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio le 30 mars 2023 dans "Parlons Vrai chez Bourdin". 

Crédits photo : © PHOTOPQR / La Nouvelle République / Mathieu Herduin

"Parlons Vrai chez Bourdin" : lors de la manifestation contre les méga-bassines de Sainte-Soline, les urgentistes du SAMU n’ont pas pu intervenir pour secourir plusieurs manifestants. Deux d’entre eux ont fini dans le coma, et les familles ont porté plainte pour "tentative de meurtre". Selon un enregistrement révélé par la presse, et notamment le journal Le Monde, le SAMU n’aurait pas eu le droit d’intervenir. La zone était alors une des "zones d’exclusion". Agnès Ricard-Hibon, cheffe du SAMU du Val d’Oise, explique que "les procédures d’engagement en zone de conflit sont extrêmement encadrées".

 

"Parlons Vrai chez Bourdin" - Zones d'exclusion : "La zone rouge est une zone où il n’y a que les forces de l’ordre"

"L’objectif est de pouvoir prendre en charge toutes les victimes", souligne l’urgentiste. Mais "dans un endroit sécurisé". "Donc, effectivement, il y a trois zones de définies." Une première zone dite rouge, ou d’exclusion, "où on considère qu’il y a un risque majeur pour les patients et pour les soignants". Une zone verte "où sont installés tous les soignants" en sécurité. "Et il y a une zone orange, dite la zone contrôlée, où on organise des couloirs d’extraction."

Dans les situations tendues, confirme Agnès Ricard-Hibon, "la zone rouge est une zone où il n’y a que les forces de l’ordre". "En aucun cas, les soignants ne sont autorisés, que ce soit en zone d’attentat, que ce soit un accident industriel, à aller dans les zones à risque, c’est-à-dire les zones d’exclusion." Et ces décisions, explique la cheffe du SAMU du Val d’Oise, sont prises par le commandant des opérations, en l’occurrence celui de la gendarmerie.

"Parfois c’est frustrant pour les équipes soignantes de ne pas pouvoir aller chercher les victimes"

Une enquête judiciaire est en cours, menée par le parquet de Rennes, compétent pour les affaires militaires. Mais Agnès Ricard-Hibon confirme : "on n’intervient que quand on a l’assurance que les victimes et les soignants" peuvent être dans "des conditions de sécurité respectées".
Cette procédure, "extrêmement cadrée", a notamment évolué depuis les attentats à Paris de 2015 et 2017. "Pareil sur l’hélico : on ne peut pas poser d’hélico là où il y a des projectiles enflammés." Les secours ne peuvent pas être engagés "dans un endroit où ils risquent leur vie et ne seraient pas en capacité de soigner", explique la cheffe du SAMU du Val d’Oise. "Il faut mettre les victimes et les soignants en situation de sécurité."

L’urgentiste souligne que "parfois, c’est frustrant pour les équipes soignantes de ne pas pouvoir aller chercher les victimes". "Mais il faut penser collectif aussi : il y a une victime, mais il peut y en avoir 15, il peut y en avoir 30." L’objectif recherché est donc celui d’une extraction la plus rapide possible, pour que les soignants puissent prendre en charge toutes les victimes.

 

Prenez la parole en appelant le 0 826 300 300

Retrouvez "Parlons Vrai chez Bourdin" du lundi au vendredi de 10h30 à 12h30 sur Sud Radio et en podcast.

Cliquez ici pour retrouver l’intégralité de  “Parlons Vrai chez Bourdin”

 

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