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Hôpital : 20% des étudiants en soins infirmiers abandonnent avant la fin de leurs études

Par Mathys Melon

20% des étudiants en soins infirmiers abandonnent. Patrick Chamboredon et Clémence, étudiante, sont au micro de Jean-Jacques Bourdin.

infirmier libéral
Les infirmiers libéraux sont à bout et aimeraient plus de valorisation de leur travail et salaire.

C'est un chiffre qui fait mal : 20% des étudiants en soins infirmiers abandonnent leurs cursus avant d'arriver au bout. Dans l'émission Parlons Vrai chez Bourdin sur Sud Radio, Jean-Jacques Bourdin reçoit Patrick Chamboredon, président du Conseil National de l’Ordre des Infirmiers et Clémence, une étudiante de 2ème année pour tenter d'expliquer ce phénomène et de trouver des solutions pour l'endiguer.

C'est environ 1 étudiant sur 5 en Instituts de Formation aux Soins Infirmiers (IFSI) qui ne parvient pas à atteindre la fin de ses études. Ce chiffre fournit par François Braun, le ministre de la Santé, lors d'une rencontre avec l'Association des Journalistes de l'information Sociale (AJIS), préoccupe beaucoup, dans un contexte de pénurie généralisée.

La fuite des soignants ne prend pas place qu'à l'hôpital, elle démarre dès l'enseignement de la profession à l'école. Dès la première année, le Comité d'Entente des Formations Infirmières et Cadres (CEFIEC) estime à 13% le taux d'abandon. Pareil pour la médecine où le taux d’abandon atteint la barre des 10% a ajoute le ministre.

Clémence, étudiante en 2ème année de soins infirmiers, livre son témoignage sur Sud Radio.

"Les conditions de formation ne sont pas optimales et les conditions en stage ne le sont pas non plus."

Sur cette situation évoquée par Clémence, le Ministre parle de “maltraitance en stage”. Pour leur premier stage, en première année, les étudiants vont se retrouver en EHPAD ou en gériatrie.

"C’est quasi systématique" a pointé le ministre, "comme ils n’ont pas de compétences d’infirmières, on leur dit "on manque d’aides-soignants, donc tu vas faire la toilette"". Un phénomène que constate parfaitement Clémence.

"[En stage], il y a un gros manque d'encadrement [...] Il y a plein de moments où on est en totale liberté sur des soins qu'on ne connaît pas forcément ou alors tout simplement quand il y a un gros manque de personnel [...] il y a les étudiants, pour toutes les fois où on a dû faire "fonction AS" [ndlr : Aide-Soignants] au lieu d'être juste étudiants"

Les raisons de ces abandons sont multiples. Viennent en premier lieu les problèmes de précarité des étudiants, renforcés par des versements tardifs des bourses.

"La bourse [...] elle est versée à la fin du mois si elle est versée à temps et au niveau de nos indemnités de stage, elles sont versées [...] très en retard sur la date de notre fin de stage, puis, pour être honnête, elles sont loin d'être très élevées et à la hauteur du travail qu'on fournit en stage"

Concernant l'accession au métier, le ministre a par ailleurs défendu la suppression du concours d’entrée en IFSI, accusé de sélectionner des jeunes préformatés pour rentrer dans le cadre. Le recours à Parcoursup, a-t-il jugé, permet au contraire d’attirer des jeunes aux profils différents et de rappeler que c’est au cadre de la formation de s’adapter à ces nouveaux étudiants.

"Il y a 100 000 personnes, chaque année [...] qui veulent devenir infirmiers. Comment on fait pour organiser 100 000 entretiens ?"

En clair, la situation est critique et le ministre de la Santé est attendu au tournant dans un contexte où la France fait également face à une triple épidémie grippe - covid - bronchiolite.

L'intégralité de l'entretien est à retrouver sur l'application Sud Radio, le site internet ou encore la chaîne YouTube.

Retrouvez Parlons Vrai chez Bourdin du lundi au vendredi de 10h30 à 12h30 sur Sud Radio

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