Ukraine : les Français de Kiev se sentent trahis

Vanessa, Française résidant à Kiev, réagit à la décision soudaine de déplacer l’ambassade de France de Kiev à Lviv.

Crise Ukraine
La guerre en Ukraine prend les ressortissants français au piège. (Photo Daniel LEAL / AFP)

Alors que l'invasion russe se poursuit en Ukraine, Jean-Yves Le Drian vient d’annoncer la décision de déplacer l’ambassade de France de Kiev à Lviv, plus à l’ouest. Une décision incompréhensible pour Vanessa, Française à Kiev.

Ukraine : "Aucun dispositif d’évacuation prévu"

Comment s’est passée la nuit dans la capitale ukrainienne ? "C’est extrêmement calme, il y a un couvre-feu. C’est presque inquiétant qu’il y ait aussi peu de bruit", explique-t-elle. Que pense-t-elle de l’annonce du départ de l’ambassade de Kiev ? "Nous avons été très surpris car jusqu’au dimanche, la consigne était de rester chez nous, car on ne pouvait pas garantir notre sécurité."

Comment a-t-elle appris cette décision ? "Sur les réseaux sociaux, puis via un message, comme quoi ils étaient relocalisés à Lviv, raconte-t-elle. C’est un peu inquiétant de les savoir loin. Il n’y a aucun dispositif d’évacuation prévu. Il faut tout gérer par nos propre moyens. Ils se mettent à coordonner des convois, mais cela ne semble pas très sûr. Ce n’est pas évident de prendre la décision de rester ou de partir."

 

"Si c’est 'safe', pourquoi ils ne sont pas restés ?"

Quelles sont les options proposées par l’ambassade de France sur place ? "Ils nous ont donné des pistes, des possibilités de partir par train, ou en convoi si l’on a une voiture, ou de rejoindre des voitures qui vont partir jeudi matin. Si c’est 'safe', pourquoi ils ne sont pas restés avec nous ? Si c’est dangereux, pourquoi ne pas évacuer ?"

Certains Français résidant sur place se sentent trahis. "Ils sont très en colère, confie Vanessa. Si eux sont partis, c’est que c’est dangereux. Pourquoi nous avoir dit de rester dans ces cas là ? On se sent trahis. Depuis le début, nous avons obéi aux consignes. Avant la déclaration de guerre, ils nous ont dit qu’on ne craignait rien et que l'on pouvait rester dans le pays. Après, ils nous ont dit qu’il y avait des opérations militaires et qu’il fallait rester chez nous."


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