éditorial

L'édito de Michaël Darmon

A propos...

Journaliste au service économie et politique de TF1 de 1990 à 1993, il est le correspondant de la RTBF à Jérusalem de 1992 à 1993. En 1994, il entre à France 2, au sein du service politique. Il suit l...
Michaël Darmon ©Anthony Ghnassia
Politique

Nouvelle séquence médiatique pour Macron, autour de l'Europe cette fois-ci

Emmanuel Macron ©FRANCOIS GUILLOT - AFP - POOL

Le président de la République aborde une séquence de communication autour de l'Europe, devant les députés européens d'abord, puis à la rencontre des Français.

Dans une forme encore inédite, pour la première fois, le président de la République va s’exprimer devant les parlementaires européens à Strasbourg ce mardi matin. Un discours assez court sur les enjeux des démocraties européennes face aux régimes autoritaires qui montent en Europe. Et ensuite, des questions. Il va défendre son projet face à des députés réputés pour leur dureté.

Après la séance d’entraînement intensif sur BFMTV et Mediapart, le président est chaud sur les questions difficiles.

Il faut dire qu’il y a du scepticisme en Europe sur la volonté française de créer un budget de la zone euro. Le parti d’Angela Merkel au sein de la coalition critique ouvertement cette idée. Selon un conseiller présidentiel, le sujet est difficile et fait l’objet de discussions permanentes entre Macron et Merkel.

Dans le programme du gouvernement de la coalition allemande, il est simplement fait mention d’une capacité d’investissement dans la zone euro. Un tout petit pas. On est bien loin de l’esprit du discours de la Sorbonne.

Dans l’après-midi, il va encore inaugurer une nouvelle forme d’expression face aux Français. Ça va se passer à Épinal, dans une salle de la ville. 300 personnes pourront prendre place après s’être inscrites sur Facebook pour parler au président. Une longue séance de questions-réponses sur le thème, encore, de l’Europe.

1000 personnes avaient répondu à l’invitation. Dans la ville de Philippe Seguin, le souverainiste, le symbole n’échappe à personne, Emmanuel Macron pose un pari : ne pas uniquement parler d’Europe quand on est en campagne, alors que personne n’en parle avant. C’est le meilleur moyen d’être inaudible, dit-on à l’Élysée.

Macron prend le problème différemment. En parler hors période électorale pour permettre de purger les colères, les ressentiments, les méfiances. Chaque membre du gouvernement sera ensuite invité à reprendre cette méthode. Et chaque pays en Europe, à quelques exceptions près, s’est engagé à poursuivre la même démarche.

Ça renseigne sur une chose. Macron ne veut pas rater le scrutin des Européennes de 2019, parce que c’est le premier depuis son élection. C’est le premier jugement de l’exécutif. Ensuite, il faut intéresser les électeurs réticents ou indifférents. On voit bien que c’est un pari. Il va falloir soulever le couvercle, parce qu’on sait qu’ensuite, les sujets seront abordés plus sereinement.

On le voit, pendant la première année de son mandat, Emmanuel Macron est en train de changer de méthode par touches impressionnistes. Des séances d’explication face aux Français, le déminage du sentiment anti-européen, alors que la croissance revient. C’est d’ailleurs, justement, le moment le plus sensible.

Emmanuel Macron l’a reconnu dimanche pendant son interview, le pays est en colère et depuis longtemps. Et il commence à l’entendre.

Écoutez la chronique de Michaël Darmon dans le Grand Matin Sud Radio, présenté par Patrick Roger et Sophie Gaillard

 

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