Enième coup de théâtre dans l'affaire Grégory Villemin. Premier juge d'instruction chargé de l'enquête, Jean-Michel Lambert a été retrouvé mort chez lui à l'âge de 65 ans. l'enquête s'orienterait pour l'instant vers la thèse du suicide.

L'affaire Grégory Villemin n'en finit décidément plus de susciter les interrogations et les fantasmes de nombreux observateurs de la machine judiciaire. Alors que l'enquête a récemment été relancée et que Murielle Bolle est aujourd'hui toujours en détention provisoire à la prison de Dijon, le premier juge d'instruction chargé de cette affaire, Jean-Michel Lambert, âgé de 65 ans, a été retrouvé mort ce mardi soir à son domicile, dans la Sarthe.

"Le petit juge"

Selon Le Parisien, le corps de l'ancien magistrat, avec un sac en plastique sur la tête, aurait été découvert vers 19h par sa voisine alertée par l'épouse du magistrat, qui depuis la veille, n'avait plus de nouvelle. La police judiciaire d'Angers a été saisie et le parquet du Mans a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances de la mort. D'après les premières constatations, aucune trace d'effraction ou de lutte n'a été relevée dans son appartement.

"Je suis catastrophé, c'est infiniment triste", a confié l'avocat des époux Villemin, Thierry Moser, à l'AFP. "Je garderai de lui le souvenir d'un homme qui a été confronté à un dossier difficile, qu'il n'a pas su maîtriser et qui a été pris dans un vertige irrépressible. Quelles que soient les causes de ce qui semble être un suicide, je n'ai aucune animosité envers lui. Je critique les conclusions qu'il a tirées de son instruction mais je ne critiquerai jamais l'homme", a-t-il poursuivi.

De maladresses en erreurs

Surnommé "le petit juge", Jean-Michel Lambert avait 32 ans lorsque le 16 octobre 1984, le cadavre du petit Grégory Villemin, quatre ans, avait été retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne. Alors seul juge d'instruction à Epinal, dans les Vosges, il s'agissait de son premier poste. Propulsé sous les projecteurs, le magistrat avait surpris en multipliant les confidences à la presse dès les premiers jours de l'enquête. Il avait notamment révélé aux journalistes l'identité et la teneur des accusations portées par la jeune Murielle Bolle, 15 ans, qui venait de désigner au juge son beau-frère, Bernard Laroche, comme le ravisseur de Grégory.

Après la mort de Bernard Laroche, tué par le père de l'enfant, Jean-Marie Villemin, les soupçons du magistrat s'étaient tournés vers la propre mère de Grégory, Christine Villemin, qu'il avait inculpée d'assassinat, placée en détention provisoire, puis renvoyée devant les Assises. La Cour de cassation avait annulé la mise en accusation, avant que la chambre de l'instruction de Dijon ne rende en 1993 un arrêt de non-lieu pour "absence de charges" contre Christine Villemin, formule inédite aux accents d'excuses judiciaires.

Entre temps, l'instruction avait été reprise par un autre magistrat, le juge Maurice Simon, qui avait mis à mal toutes les thèses du "petit juge". Ce sont d'ailleurs aujourd'hui les conclusions de l'instruction Simon qui sont à nouveau exploitées par les enquêteurs.

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