4000 logements insalubre pourraient être évacués à Marseille... Et le relogement ne suit pas

Ils commencent à trouver le temps long. 10 mois que les sinistrés de la rue d’Aubagne dorment à l’hôtel. Actuellement 344 personnes sont dans cette situation. Leurs appartements sont détruits ou insalubres. Depuis les effondrements de deux immeubles et la mort de huit victimes le 5 novembre dernier à Marseille, les évacuations se multiplient. La précarité est devenue la norme. Et impossible de savoir quand ils seront relogés.

Rue d'Aubagne à Marseille. (Photo par GERARD JULIEN / AFP)

Reportage Sud Radio de Lionel Maillet

 

Cela commence à faire beaucoup pour Laurie, trois déménagements en dix mois et l’impression de ne jamais voir le bout du tunnel. Après les chambres d’hôtel elle atterrit dans un studio du centre ville de Marseille: "Mon fils a neuf ans, ma fille a deux ans... Trois dans la même pièce ! C'est la rentrée, faut qu'ils se reconstruisent un peu. Là, ça fait 10 mois et on en est toujours au même stade!"

Et ça sera encore du temporaire le temps pour la ville de lui trouver un logement social. Cette mère de famille au chômage qui habitait rue d’Aubagne n’a certes pas sorti un centime pour se reloger mais elle apprécie guère les méthodes de la mairie: "Quelques jours avant la rentrée, y'a un monsieur qui est venu pour nous dire de sortir de l'hôtel, que l'hôtel n'était plus payé à partir du lendemain."

3500 évacuations depuis le drame du 5 novembre et la situation va surement encore empirer prévient Emmanuel Patris du Collectif un Centre Ville pour Tous: "Dans les prochains mois, la ville et la métropole prévoient de nouvelles évacuations, et à une échelle importante, puisque 4000 logements sont ciblés dans le premier audit sur le logement insalubre. La crise, elle est clairement devant nous."

Rien que cet été, une soixantaine d’immeubles ont du être évacués.