Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio Regards de Femmes, Michel Vianès.
- Regards de Femmes, comme chaque week-end sur Sud Radio avec vous, Michel Vianès, heureux de vous retrouver.
- Bonjour Michel.
- Bonjour Jean-François.
- La grande figure du féminisme, et oui, Yvette Roudy, nous a quitté mardi à l'âge de 97 ans.
- Elle était votre maîtresse à penser, on peut le dire, une amie fidèle et une grande alliée de Regards de Femmes.
- Que représentait-elle pour vous ? C'est avec une émotion immense et une affection profonde que je lui dis au revoir et merci Yvette.
- Notre histoire a commencé en 1978, lors de sa campagne législative à Lyon.
- Mon mari André et moi l'avions aubergé.
- De là est née une amitié indéfectible et une confiance absolue, d'ailleurs, parce que lorsque Yvette a créé la fondation Yvette Roudy en 2018, c'est à mon mari, avocat, à qui elle a confié les démarches administratives et juridiques.
- Yvette Roudy, c'est une géante.
- Elle a traduit Betty Friedman à la femme mystifiée.
- Et elle a été la toute première ministre des droits des femmes sous François Mitterrand.
- Alors je précise, ministre des droits des femmes, pas secrétaire d'État à la condition féminine.
- Et on lui doit des avancées historiques, le remboursement de l'IVG par l'État en 1982, la loi sur l'égalité professionnelle en 1983, et surtout, la féminisation des noms de métiers pour que les femmes existent enfin dans la langue de la République.
- Alors au-delà de son œuvre ministérielle et législative, Yvette Roudy est toujours restée une militante de terrain aux côtés de votre association Regards de Femmes.
- Quel combat particulier avez-vous mené ensemble ? Yvette Roudy a toujours répondu présente à nos côtés.
- C'était une féministe universaliste et laïque.
- Elle s'est déroulée sans la moindre concession.
- Ensemble, nous nous sommes battues contre toutes les fentes d'exploitation et de récession des droits des femmes.
- Dès 2016 et l'apparition en France des premières fillettes voilées, elle signait notre pétition contre le voilement des petites filles.
- En 2018, nous avons agressé à mémoire conjoint au Conseil constitutionnel pour défendre la loi abolitionniste contre le système prostitutionnel.
- Et toujours ensemble, nous avons lutté contre la gestation par procuration .
- En 2021 encore, elle signait notre tribune dans Le Point aux côtés de 55 militantes universalistes pour renforcer le fameux projet de loi contre le séparatisme.
- Partout où la laïcité et la dignité du corps des femmes étaient en jeu, elle était là.
- Michel, quel message ou quel héritage Yvette Roudy laisse-t-elle aujourd'hui aux jeunes générations de féministes ? Lors des 20 ans de regard de femmes, en 2018, je suis allée l'interviewer chez elle sur les combats qu'il nous restait à mener.
- Et dans cet entretien de trois minutes, d'une clarté et d'une force incroyable, elle résumait les priorités pour une égalité réelle entre les femmes et les hommes.
- L'application des lois votées, d'abord, et la vigilance face à toutes les tentatives réactionnaires.
- Donc, vous voyez l'importance.
- Son message est simple.
- Le féminisme ne se négocie pas.
- La laïcité est le bouclier des femmes.
- Et l'égalité s'arrache par la loi et le courage.
- Yvette nous laisse une exigence morale et républicaine intacte à nous et aux plus jeunes de continuer à porter son flambeau et de lutter toujours pour reprendre le titre de son dernier livre.
- Voilà donc le souvenir d'Yvette Roudy.
- Merci, Michel Vianès.
- A retrouver en podcast sur sudradio.fr.
- Et avec vous, Michel Vianès, rendez-vous le week-end prochain.
- Merci, Jean-François.
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Transcription générée par IA