Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio Regards de Femmes, Michèle Vianesse.
- Bonjour Michèle.
- Bonjour Laurence.
- Alors en ce 15 août 2026, cela fait exactement 5 ans que les talibans ont repris le pouvoir en Afghanistan.
- 5 ans de recul démocratique, mais surtout 5 ans d'effacement méthodique des femmes.
- Où en est-on aujourd'hui ? Eh bien 5 ans, c'est un très triste anniversaire.
- En 5 ans, l'Afghanistan est devenu le pays où une femme constitue en soi un crime de résidence.
- Il y a un proverbe pachtou que les talibans appliquent à la lettre et qui résume leur projet.
- Une femme se trouve soit à la maison, soit au cimetière.
- Et depuis le 15 août 2021, il y a eu plus de 50 édiés et ordonnances qui ont méthodiquement détruit tout ce que les femmes afghanes avaient construit.
- Interdiction d'études.
- Interdiction d'étudier au-delà de 12 ans.
- Interdiction de travailler.
- Interdiction d'aller dans les parcs, dans les lieux publics, ou de se déplacer sans maram, c'est-à-dire sans tuteur masculin.
- Et comme si l'invisibilisation physique ne suffisait pas, les talibans ont gravé dans la loi l'interdiction pour les femmes de faire entendre leur voix en public.
- On en avait parlé.
- Poussant la violence jusqu'à réduire leur existence au silence absolu.
- Et comme l'a rappelé Meryl Streep, devant l'ONU, vous devez vous en souvenir, aujourd'hui à Kaboul, les oiseaux ont plus de droits que les femmes.
- Un oiseau peut chanter dans la rue, pas une afghane.
- Face à une telle accumulation d'interdits et de répression, comment qualifiez-vous juridiquement le régime de Kaboul ? N'étons-nous pas au-delà des simples violations des droits humains ? Oui, absolument.
- Nous ne sommes pas face à une simple suite de discrimination ou d'exactions isolées.
- Nous sommes bien face à une architecture juridique, juridique complète, un système institutionnalisé et pensé pour durer, visant la domination totale d'un groupe humain sur un autre.
- Et c'est exactement la définition de l'apartheid.
- Et lorsque les Nations Unies ont créé la convention de 1973 contre l'apartheid, elle visait le régime raciste d'Afrique du Sud.
- Aujourd'hui, en Afghanistan, c'est la même mécanique de séparation, de hiérarchisation, de contrôle des corps, et de répression des droits humains.
- C'est la répression de toute contestation, mais fondée sur le sexe.
- Et c'est pourquoi, avec entre autres la Ligue du droit international des femmes et au nom de Regards de Femmes, nous demandons sans relâche que le droit international évolue.
- L'apartheid sexuel doit être reconnu comme un crime contre l'humanité dans la convention des Nations Unies, au même titre que l'apartheid racial.
- Et si la communauté internationale se dote enfin de cet outil juridique, elle disposera de moyens répressifs.
- Mais malgré cette chape de plomb, et ce que beaucoup décrivent comme une indifférence internationale, les Afghanes continuent-elles de résister ? Oui.
- Elles ne s'avouent jamais vaincues, et c'est un exemple de courage pour le monde entier.
- Malgré les enlèvements, la torture et la prison, des Afghanes bravent la terreur dans des écoles clandestines.
- Sur les réseaux sociaux, un visage découvert des jeunes femmes poste des vidéos où elles clament.
- La voie n'est pas interdite, et on l'a vu aussi lors des grandes compétitions sportives internationales comme la break-danseuse Manisa Talhaj, qui brandissait sa cape « Free Afghan Women ».
- Mais le courage des femmes ne dédouane pas les démocraties de leur lâcheté.
- Il est intolérable que des gouvernements occidentaux continuent de dérouler le tapis rouge ou de dialoguer ouvertement avec des émissaires talibans au prétexte de discussions diplomatiques.
- Légitimer ce régime, c'est se rendre complice de l'oppression de 55% de la population afghane.
- Le droit international ne peut pas et ne peut plus détourner le regard.
- L'apartheid sexuel ne doit pas être négociable.
- Merci beaucoup Michèle Vianès d'avoir en tout cas réveillé aussi nos consciences en écoutant Sud Radio ce matin.
- Je vous souhaite tout de même une belle journée.
- Merci.
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Transcription générée par IA