Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio Regards de Femmes, Michèle Vianès.
- Bonjour Michèle.
- Bonjour Laurence.
- Alors en ces grands week-ends de vacances, les routes vont être chargées et la sécurité est dans toutes les têtes.
- Mais ce qu'on sait moins, c'est que nous ne sommes pas tous égaux face aux risques d'accident.
- Selon des récentes études, les femmes courent beaucoup plus de risques d'être blessées en voiture que les hommes.
- Comment s'explique cette inégalité sur la route ? Eh bien, c'est une réalité qui est encore trop méconnue.
- Une étude de l'Université de Technologie de Grasse en Autriche, qui a été publiée au printemps dernier, révèle qu'une femme a 60% de risque en plus d'être blessée dans un accident de la circulation lorsqu'elle voyage avec un homme ou à côté, dans le siège passager.
- Et pire encore, lors d'une collision à faible vitesse, elle a deux fois plus de risques d'être grièvement blessée, voire tuée.
- Alors pourquoi une telle différence ? Eh bien, ce n'est pas du tout une question de conduite, mais de conception des véhicules.
- Depuis les années 1970, la réglementation impose un mannequin de test standard mesurant 1m77 pour 76 kg.
- Bref, la voiture a été pensée pour et par le corps masculin.
- Mais pourtant, on voit depuis longtemps, Michel, des mannequins plus petits lors des crash-tests.
- Est-ce qu'on n'utilisait pas déjà des mannequins féminins ? Eh bien, c'est une illusion.
- Comme le résument très bien les chercheuses de cette étude autrichienne, les femmes ne sont pas des hommes en miniature.
- Pendant des décennies, pour simuler une femme, les laboratoires se contentent de réduire à l'échelle le mannequin masculin, et qui est souvent placé à l'arrière.
- Et on ignore totalement la largeur du bassin, le tour de poitrine, la densité osseuse qui n'est pas la même pour les hommes et les femmes, ou la courbure du cou.
- Résultat, les ceintures de sécurité glissent souvent mal, coupent le cou ou compriment la poitrine, et l'absence en particulier de capteurs abdominaux empêche de détecter les traumatismes internes spécifiques aux femmes.
- Alors, vous allez me dire pourquoi c'est oublié ? Eh bien, en partie, ou même si on ne le sait pas, surtout pour des raisons économiques.
- Un mannequin de cadre test standard coûte déjà environ 250 000 euros, et un modèle haute technologie de dernière génération frôle le million d'euros.
- Donc, les constructeurs, plutôt que de s'occuper de la sécurité des femmes, eh bien, ils ont longtemps fait appel au moins coûté.
- Mais les choses sont enfin en train d'évoluer pour la sécurité des femmes sur les routes ? Oui, et heureusement.
- Le secteur vit une vraie révolution.
- Il y a de nouveaux mannequins spécifiquement féminins qui voient le jour.
- Ils sont équipés de plus de 150 capteurs ultra précis.
- Il y a un prototype qui a été initié par une chercheuse suédoise, je dis son nom, Astrid Linder, et qui reproduit, lui, fidèlement la biomécanique féminine et la souplesse du cou pour prévenir justement le coup de lapin auquel les femmes sont deux fois plus...
- exposées.
- Et donc, du coup, côté réglementation, les autorités mondiales, la NHTSA aux États-Unis et surtout l'euro NCAP pour l'Europe, intègrent désormais ces mannequins réalistes et la simulation numérique.
- Et donc, d'ici 2027-2028, l'utilisation de ces mannequins ne sera plus une démarche volontaire de quelques marques engagées, je l'ai cité, de quelques marques engagées, je l'ai cité, de quelques marques engagées, je l'ai cité, d'ailleurs, Volvo ou Mercedes met une obligation légale pour obtenir justement ces fameuses 5 étoiles de sécurité pour les véhicules.
- Et si cet été, la route reste encore vraiment inégale, eh bien, les règles de sécurité sont enfin en train de changer et il va falloir toutes et tous se battre pour qu'elles soient réellement appliquées.
- Et quoi qu'il en soit, vous qui prenez la route et qui nous écoutez, sur Sud Radio, en ce moment, au volant, soyez prudents, que vous soyez un homme ou une femme sur la route des vacances ou du retour.
- Merci beaucoup, Michel.
- Merci, Laurence.
- .
Transcription générée par IA