Retranscription des premières minutes :
- Avec vous, le docteur Roger Rua. Bonjour ! Bonjour ! Ravi de vous retrouver comme chaque dimanche matin, docteur Rua, médecin généraliste, médecin du sport.
- Et je crois savoir que vous êtes un passionné de médecine spatiale, si je puis dire.
- Notre spationaute française Sophie Adenaud fait la une de tous les grands journaux télévisés et de retour.
- Et nous le voyons avec quand même une difficulté physique à retrouver le sol terrestre. Pourquoi ? Alors la première chose, c'est que le corps humain n'est pas fait pour être dans le vide et en apesanteur.
- Et que ça va perturber énormément tous les phénomènes de régulation, notamment au niveau de deux structures, le squelette et les muscles, et puis l'appareil cardiovasculaire.
- Au niveau du squelette, contrairement à ce qu'on pense, le poids, l'apesanteur, est un facteur d'entretien de la solidité de nos os.
- Ainsi, donc, la fausse idée est reçue que la course à pied est mauvaise pour le squelette.
- Au contraire, les chocs de la course à pied entretiennent le squelette.
- Alors évidemment, il ne faut pas faire un marathon tous les jours.
- Mais dans l'espace, il n'y a pas de poids. Et donc le squelette a tendance à ne plus avoir les bonnes informations.
- Et pourtant, docteur Rua, vous êtes un médecin du sport.
- Et je crois que c'est vrai qu'il pratique deux heures de sport par jour, nos astronautes, nos spationautes dans l'espace.
- Oui.
- Et plus de deux heures, deux heures et demie même.
- Et grâce à la médecine spatiale, qui a fait d'énormes progrès ces dernières années, on leur impose une activité physique pour essayer d'entretenir le squelette.
- Et même avec des systèmes où il y a comme des chocs, en fait.
- Quand vous courez dans le vide, vous faites un exercice dans le vide, il n'y a pas de choc.
- Et là, ils ont inventé des systèmes pour essayer de repolir les chocs, pour essayer d'entretenir.
- Malgré tout ça.
- Moi, on constate que Sophie Hebdo, quand elle arrive, elle a beaucoup de mal à se déplacer, à des douleurs pratiques.
- Heureusement, elle va être prise en charge dans un centre spécialisé en Allemagne pendant une quinzaine de jours ou trois semaines.
- Et puis après, le tout va revenir à la normale petit à petit.
- Alors il est question aussi de vertiges, de constipation même, parce que tout est compliqué dans l'espace.
- 237 jours, est-ce que c'est trop ? Trop, on ne sait pas, puisqu'on veut aller sur Mars.
- Et donc il faudra des temps de vol orbital beaucoup plus long encore.
- Mais c'est vrai que c'est déjà une grosse, grosse durée.
- Et donc il va falloir analyser toutes les données médicales qui auront été enregistrées, bien sûr.
- Et surtout, ce qui va être fait maintenant, c'est-à-dire le bilan, elle va subir des bilans pour savoir un petit peu comment ça a évolué.
- De façon à permettre ensuite...
- De prendre des mesures de prévention qui pourront, je l'espère en tout cas, parce que c'est ma passion effectivement, permettre à nos astronautes d'aller beaucoup plus loin que la Lune, c'est-à-dire sur Mars.
- Oui, aller sur Mars, c'est compliqué. Elon Musk en rêve, mais ce n'est pas encore à portée humaine.
- Dernière chose, docteur Roger Rua, vous êtes médecin du sport, faut-il le rappeler.
- C'est une athlète très entraînée, Sophie Adnault.
- Logiquement, ça va lui permettre de récupérer assez vite.
- Alors c'est vrai que...
- Nos astronautes sont entraînés pendant toute leur période de préparation physiquement.
- Être astronaute, c'est être en athlète de haut niveau.
- Pendant le vol, ça lui a permis, avec les exercices, de maintenir.
- Mais malgré tout, elle va avoir un retour anormal qui est parfois difficile et qui est variable selon les individus.
- Mais en général, et Thomas Pasquier l'avait dit, au bout de quelques semaines et quelques mois, on a réussi à reprendre le contrôle de la pesanteur.
- Allez, merci à vous, docteur.
- Merci à vous, docteur Roger Rua.
- Toujours éclairant, toutes les semaines, ce que vous nous dites sur notre santé.
- Et puis franchement, docteur Rua, c'est bon d'avoir les pieds sur terre.
- Merci à vous.
- Allez, à la semaine prochaine.
- .
Transcription générée par IA