La modification de la loi contre les crues et inondations inquiète les élus locaux

Votée il y a trois ans, cette nouvelle loi entre en vigueur au 1er janvier.

 

Au 1er janvier prochain, dans la lutte contre les crues et les inondations, la loi va changer. Et cette modification inquiète particulièrement les élus locaux.

Croulant déjà sous les responsabilités, les élus voient en effet arriver avec beaucoup d'inquiétude l'entrée en vigueur de cette nouvelle loi, votée il y a 3 ans.

Jusqu'à présent, la prévention des crues et des inondations, (comme l'entretien des digues et des cours d'eau) étaient partagées par toutes les collectivités (régions, départements, mairies).

Au 1er janvier, cette compétence sera du ressort des intercommunalités, avec l'aide des collectivités encore pendant 2 ans. Puis, en 2020, elles seront seules en première ligne.

Ces élus locaux dénoncent un grand flou dans la mise en place de ce transfert de compétence.

Quelles longueurs de digues sont concernées ? Combien cela va-t-il coûter aux collectivités ? Qui sera responsable pénalement en cas de sinistre ?

Prenons l'exemple de la longueur des digues. Le texte précise qu'il faudra avoir l'œil sur 3000 km de digues sur nos côtes.

Pourquoi 3000 km ? s'interrogent les élus, alors qu'un rapport de 2011, après le passage de la tempête Xynthia, un rapport du centre européen de prévention de risques d'inondations comptabilisait 8600km de digues en France, soit près de 3 fois plus, dont 5600km étaient dans un état dégradé ou inconnu.

Le budget prévu : 300 millions d'euros. Mais personne ne sait d'où vient ce chiffrage, alors que les élus, eux, estiment à 20 fois plus le coût de l'entretien des digues, soit 6 milliards d'euros.

Et le texte prévoit une simple taxe additionnelle de 40 euros par habitant. Le compte n'y est pas du tout.

Alors imaginez les sueurs froides des élus dans des départements côtiers comme en Charentes-Maritimes et ses 460km de littoral et ses 4 îles.

Des élus qui sont bien décidés à avoir des réponses claires et des moyens pour faire face lors des discussions qui se sont ouvertes hier à l'Assemblée Nationale.

Écoutez la chronique de Christine Bouillot dans le Grand Matin Sud Radio, présenté par Patrick Roger et Sophie Gaillard