XL Airways : même "en pleurs", les employés "croient au miracle"

Alors que les vols sont gelés depuis ce lundi 30 septembre à 15 heures, et que le tribunal de commerce de Bobigny doit se prononcer mercredi, l'attente n'a jamais paru aussi longue pour les employés de XL Airways. Quand certains cèdent au pessimisme ne voyant pas de potentiel repreneur, d'autres croient fermement en la bonne étoile d'une entreprise qui s'est construite sur "des multitudes de petits miracles".

Les avions XL Airways sur le tarmac

Propos recueillis par notre reporter Lionel Maillet à Toulouse.

 

En cessation de paiements puis en cessation d'activités depuis le 30 septembre, rien ne paraît rose chez XL Airways. Il ne fait pas bon être lié à une compagnie aérienne en ces temps mortifères, quelque soit le biais : employés comme clients.

Les clients, car ils se retouvent bloqués à l'étranger sans avoir plus d'informations si ce n'est de s'accommoder avec leur banque ou agence de voyage. Et comme seule compensation directe de XL Airways, un message d'excuse sur leur site : "La compagnie XL Airways présente à l’ensemble de ses clients ses plus sincères excuses".

Les employés, dans l'expectative d'un repreneur prêt à sauver le navire.

Seulement, et même si le prix de rachat devrait être foncièrement bas au vu de l'urgence, il faut espérer que les investisseurs ne se laissent pas tous dissuader par l'actualité des compagnies aériennes. Et ça, Jean-Michel Lefroy, chef de quart opérations aériennes XL Airways depuis plus de 20 ans, a du mal à y croire.

"On s'y préparait forcément un peu. Les journaux disaient qu'on avait eu des offres, mais ce n'étaient que des intentions. On n'a pas eu de business plan solide ni de cash. Il nous fallait 35 millions. XL est à vendre depuis 1 an donc si des gens avaient été intéressés, ils se seraient manifestés avant." J-M Lefroy, cadre chez XL Airways

Il reste un village d'irréductibles optimistes

Même si "elle se prépare au pire", l'entreprise ne rencontre pas là sa première difficulté, comme le précise Katell Picollec, déléguée CGT et employée de la compagnie depuis 19 ans.

"XL, c'est une multitude de petits miracles et je me dis que le miracle peut encore se produire. Tout est encore possible, on y croira jusqu'au bout, on espère aujourd'hui qu'on aura l'aide qu'on attend depuis tant d'années." K. Picollec, employée depuis 19 ans et déléguée CGT

 

Pour autant, l'ensemble des employés apparaît comme touché par l'angoisse d'un redressement judiciaire qui tournerait à la liquidation. Les mots de Katell Picollec sont explicites : "c'est de la déception, des pleurs, la douche froide. On a pas reçu beaucoup d'aide."

Affaire à suivre dès demain, mercredi 2 octobre, lorsque le tribunal de commerce de Bobigny rendra son verdict final quant aux offres reçues sur la table. Sinon, ce sera à la clé de XL Airways de glisser sous la table...