"On a eu la prime d’intéressement : 10 euros, pour nous remercier"

Une mobilisation intersyndicale pour demander que ne soient pas oubliés les salariés précaires durant la crise est prévue le 4 février 2021. Reportage de Lionel Maillet.

Les salaires des premiers de cordée n’ont pas évolué après la crise sanitaire, malgré les risques qu’ils encourent tous les jours. (Photo by Koen van Weel / ANP / AFP) / Netherlands OUT

Jeudi 4 février 2021, les syndicats CGT, FSU, Solidaires et Unef ont annoncé de nombreuses manifestations dans le cadre d’une mobilisation interprofessionnelle. Ils dénoncent la précarité de ceux qu’on a appelé "les premiers de corvée", comme les caissiers ou les éboueurs, dont la rémunération n’a pas évolué malgré la crise. Reportage de Lionel Maillet.

"Quand vous avez 10, 20 personnes dans un rayon, il n’y a aucune distanciation"

Mickaël, employé du Carrefour le Merlan de Marseille, est sept heures par jour au contact de la clientèle lorsqu’il fait sa mise en rayon. "Les clients, déjà, qui ne portent pas le masque, qui enlèvent le masque, qui nous toussent dessus, presque..."
Des incivilités, mais surtout un risque pour la santé : "quand vous avez 10, 20 personnes dans un rayon, il n’y a aucune distanciation", explique Mickaël qui déclare avoir été "cas contact". "C’est très compliqué."

 

"On a eu la prime d’intéressement : 10 euros, pour nous remercier"

Mickaël n’a heureusement pas été malade, et n’a pas été absent une seule fois depuis le début de la pandémie. Pour autant, son salaire n’a pas évolué, toujours 1.200 euros. "Depuis le début de la crise, il n’y a que les supermarchés qui sont ouverts", souligne Mickaël. "Carrefour fait partie des leaders : ils s’en mettent plein les poches, et nous on n’a rien du tout."
"Encore hier, on a eu la prime d’intéressement : 10 euros, pour nous remercier de tout le travail qu’on effectue. 10 euros, pour l’année", déplore Mickaël. "Franchement, je préfère qu’on ne me donne rien."

 

"Alexandre Bompard, gagne 7 millions d’euros"

Yohan Nezri, de la CGT, souligne que les milliards sont injectés par le gouvernement dans le plan de relance, mais que rien n’est prévu pour les plus précaires. Il réclame 300 euros de revalorisation de salaire. "Ils ont bénéficié de l’aide de l’État qui leur permet de mettre les salariés au chômage partiel sans que ça leur coûte énormément d’argent. Par contre, le chiffre d’affaires n’a fait que grandir, ils ont pris des parts de marché."
"Chez Carrefour, le PDG Alexandre Bompard, gagne 7 millions d’euros, sans compter les primes. Ce qui fait 20.000 euros par jour."