L'édito éco d'Yves de Kerdrel - À quand la trêve de violence entre les syndicats ?

Nouveau coup de théâtre dans la guerre politique que se livrent les syndicats : la CGT Énergie revendique l'intrusion dans les locaux de la CFDT. Mais comment faire face à cette recrudescence inquiétante de la violence, même dans la France syndiquée qui se tire une balle dans le pied ?

Philippe Martinez (CGT), aux côtés du secrétaire confédéral de Force Ouvrière, Pascal Pavageau et Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. Le 22 Mai 2018, lses trois syndicats semblaient faire corps. Aujourd'hui, ils investissent les locaux des autres. (Photo de Bertrand GUAY / AFP)

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Alors Yves, au moment où la grève prend fin dans les transports on assiste à de nouvelles actions plus violentes de la part de la CGT.

D’abord, la CGT a décidé maintenant de bloquer les ports. Ce qui risque d’avoir des conséquences dramatiques pour certains secteurs d’activité. Évidemment, cela gêne moins les Français dans la vie quotidienne, mais cela montre qu’elle n’en a pas terminé avec son combat.

Et à cela s’ajoutent des opérations commandos dans des gares pour empêcher pendant une heure le départ de trains. Ou bien en coupant l’électricité, notamment à l’occasion du déplacement d’un ministre. Cela relève de quelques jusque-boutistes qui prennent le relais de ceux qui ont dû reprendre le travail pour avoir un peu d’argent en fin de mois. Mais le plus troublant – et c’est une grande première – c’est de voir des groupuscules de la CGT s’en prendre à la CFDT. Ça a été le cas vendredi dernier et hier encore ou une quinzaine de personnes encagoulées se sont introduites dans le siège de la CFDT et ont coupé l’électricité pendant quelques minutes. Une action clairement revendiquée par des syndicats CGT Énergie d’Île-de-France.

C’est rare de voir les syndicats basculer dans la violence à l’égard d’autres syndicats ?

Ce n’est pas très étonnant de la part de la CGT qui ne veux pas participer à la conférence de financement des retraites proposée par Laurent Berger. C’est une manière pour Philippe Martinez de montrer la CFDT comme un syndicat « collabo ». Et c’est cela qui est insupportable. Car en démocratie les partis opposés se respectent, notamment à l’Assemblée. De la même manière, chaque syndicat a le droit d’avoir des options différentes, sans se faire insulter. Cette violence qui apparaît entre syndicats, dans les actions, comme dans les discours est inquiétante de la part de ceux qu’on appelle des partenaires.

Cela pose la question de l’avenir du dialogue social en France et donc des autres réformes à mener. Cela montre aussi que la société française est prête à basculer dans une violence qu’elle avait toujours évitée. Et cela n’est pas de nature à ramener la confiance dans l’avenir.