éditorial

L'édito de Yves de Kerdrel

Yves de Kerdrel Sud Radio Éditorialiste
Economie

Le tsunami de l'affaire Carlos Ghosn

C’est la chute d’un empereur comme le titre Le Parisien : celle de Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan. Suspecté de fraude fiscale, il n’aurait déclaré que la moitié de ses revenus, revenus qui s’élèvent tout de même à 16 millions d’euros par an.

Il y a 3 leçons à retenir de cette affaire. D’abord, pour reprendre un terme japonais, c’est un tsunami pour l’ensemble du groupe Renault. Renault se trouve aujourd’hui dans une cellule avec son patron, il faut voir ce que cela représente, c’est pathétique. L’État n’a pas de solutions, Carlos Ghosn n’a pas de successeur. Emmanuel Macron, lorsqu’il était ministre de l’économie sous François Hollande, et qu’il bataillait contre Ghosn, avait exigé que ce dernier nomme un successeur désigné, ce qui n’a pas été fait. Il a simplement nommé au printemps dernier, un responsable des opérations, Thierry Bolloré, un ancien de chez Michelin et qui n’a rien à voir avec Vincent Bolloré. Pour l’instant nul ne sait ce qui va arriver à Renault donc.

Ensuite, il y a le degré au-dessus qui est l’alliance, Emmanuel Macron en a brièvement parlé hier. Cette alliance Renault-Nissan, on ne sait pas ce que cela va devenir. Elle pourrait éclater. Or, cette alliance, c’est ce qui aurait permis à Renault d’être le premier constructeur mondial. C’est très important. Le centre de gravité de cette alliance est à Tokyo, non pas à Paris.

Enfin, en conclusion, c’est également un tsunami pour le capitalisme français. Carlos Ghosn était une icône pour les patrons français même si son mode de management était très discuté. François Michelin qui l’avait eu comme subordonné, s’en était méfié et l’avait poussé vers la sortie car il avait senti son côté mégalo. Mais encore une fois, la leçon pour le capitalisme français, si il veut perdurer, il faut qu’il se contrôle et bénéficie de contre-pouvoirs. Là, il n y en avait pas.

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