Charles Prats : "75 millions d’assurés sociaux, 67 millions d’habitants, ce ne sont pas des fake news"

Charles Prats, magistrat et auteur de "Cartel des Fraudes 2" aux éditions Ring, était l’invité d’André Bercoff le 15 octobre 2021 sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-14h, "Bercoff dans tous ses états".

Charles Prats, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Lorsque Charles Prats est interrogé à propos de l’allocation pour enfant décédé versée aux parents de l’assassin de Samuel Paty, il répond qu’il n’a pas vu passer l’information. "En tant que représentant d’une association de professionnels de magistrats, je peux être choqué, je ne connaissais pas l’information, vous me l’apprenez", explique-t-il à André Bercoff. "Cela étant, je ne serais pas effectivement surpris que ça corresponde à la réglementation", juge le magistrat. Pour Charles Prats, "il faut regarder les conditions de versement d’une telle allocation. Le cas échéant, si d’aventure la loi prévoyait ça, donc de manière automatique, je ne serais pas choqué qu’une mesure législative vienne exclure du bénéfice de ce type de prestations sociales les gens, dont la victime entre guillemets, dont le support de la prestation, aurait commis un acte de terrorisme, ou un acte de criminalité, de délinquance, etc.".

"Effectivement, on peut se demander pourquoi la solidarité nationale vient aider comme ça des gens sur le fondement du décès de quelqu’un qui est un terroriste", juge Charles Prats. "Cela relance aussi, par exemple, toutes les histoires des allocations sociales versées à des djihadistes, etc.", explique le magistrat. "On en avait beaucoup parlé dans Le Cartel des Fraudes 1, j’en reparle un peu dans le 2", raconte l’auteur de Cartel des Fraudes 2 au micro de Sud Radio. "J’en reparle avec le djihadiste belge fondateur de Daesh en Syrie, qui était inscrit frauduleusement à la sécurité sociale en France et qui continuait de percevoir d’après la commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale, des allocations durant de longues années", explique le Magistrat.

 

"Ce sont 75,3 millions d’assurés sociaux pris en charge en France pour 67,1 millions d’habitants"

"Il y a plus de 75 millions d’assurés sociaux M. André Bercoff", déclare Charles Prats sur Sud Radio. "Mais ce n’est pas seulement selon Charles Prats, c’est selon le rapport de la cour des Comptes que je publie dans mon livre et je l’analyse", explique l’auteur de Cartel des Fraudes 2. "Ce sont 75,3 millions d’assurés sociaux pris en charge en France pour 67,1 millions d’habitants", explique-t-il. "Dans un pays qui compte 67 millions d’habitants, vous avez des éléments qui sont là, avec les rapports officiels dans le livre, vous avez 75,3 millions d’assurés sociaux", répète le magistrat. "Ne venez pas me dire qu’il n’y a pas de problèmes et que ça ne coûte rien, ce n’est pas vrai", juge-t-il.

"Tout le monde confond tout sur les cartes vitales, les gens mélangent droits ouverts, cartes vitales, ou autre prestation sociales etc.", juge Charles Prats. "Le gouvernement a expliqué qu’il n’y avait plus de problèmes de carte vitale sur le numéraire. Il y a encore eu des communications là- dessus il y a quelques jours", explique-t-il. Charles Prats dénonce la presse qui dit "mais non : ce n’est pas vrai, ce sont des fake news". "À chaque fois, je dis, écoutez, fake news, 75 millions d’assurés sociaux, 67 millions d’habitants, ce ne sont pas des fake News, c’est la Cour des Comptes", explique Charles Prats. "Vous n’avez qu’à dire à M. Moscovici que ce n’est qu’un complotiste qui raconte n’importe quoi et qui écrit n’importe quoi, ce que je ne crois pas", juge-t-il.

 

"J’ai tendance à croire plutôt les contrôleurs indépendants que ceux qui font l’objet du contrôle"

À propos des cartes vitales, "c’est très simple", estime Charles Prats, "la commission d’enquête parlementaire, donc avec des pouvoirs d’investigations, a chiffré à plus de 1,8 million le nombre de cartes vitales en surnombre. C’est-à-dire avec des droits ouverts alors qu’ils ne devraient pas en avoir", explique le magistrat. "En plus, ils n’ont pas pu travailler sur l’ensemble de la base de données", juge l’auteur de Le Cartel des Fraudes 2. L’administration vient dire qu’il n’y a plus de fraudes à la carte vitale et "la Cour des Comptes explique que l’administration dit des bêtises car ce n’est pas le chiffre dont elle dispose", explique le magistrat.

"Les journalistes qui font du fact-checking comme on dit, viennent nous dire mais non, regardez l’administration nous dit qu’il n’y a plus de problèmes", explique Charles Prats. "Sauf que, à qui faites vous confiance ?", demande-t-il. "Vous faites confiance aux institutions indépendantes qui mènent des contrôles indépendants, comme une commission d’enquête parlementaire ou la cour des Comptes, qui contrôlent une administration en disant que cette administration a commis des manquements. Ou alors, vous faites plus confiance à la fameuse administration qui elle-même est remise en cause et qui dit 'non, il n’y a pas de problèmes'", explique le magistrat. "Moi, j’ai tendance à croire plutôt les contrôleurs indépendants que ceux qui font l’objet du contrôle et dont la gestion est remise en cause", juge-t-il.

 

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